risques d’affaiblissement européen aux Nations unies

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Karen Pierce (ici au Conseil de sécurité de l’ONU, le 20 août 2020), ambassadrice britannique auprès de l’ONU, pourrait quitter ses fonctions pour aller à Washington.
Karen Pierce (ici au Conseil de sécurité de l’ONU, le 20 août 2020), ambassadrice britannique auprès de l’ONU, pourrait quitter ses fonctions pour aller à Washington. Johannes Eisele / AFP

Après le vendredi 31 janvier, les réunions entre diplomates européens de l’ONU passeront de 28 à 27 pays participants, et le Royaume-Uni regagnera sa visibilité propre au sein de plusieurs instances onusiennes. Rien n’étant prévu, c’est à l’usage qu’Européens et Britanniques vont créer leur nouvelle relation aux Nations Unies, d’ici à la fin de l’accord transitoire en décembre prochain. On y disait la coopération entre les diplomates européens « exceptionnelle », la « meilleure constatée parmi l’ensemble des institutions internationales ».

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A l’Assemblée générale de l’ONU, on parie sur une entente cordiale. « Nous ne parlons que d’une voix dans ces commissions, raconte un diplomate européen. Avoir à nos côtés la Grande-Bretagne sur des sujets touchant aux droits humains, cela donnera plus d’écho à nos positions. » Comme le Canada ou la Norvège, d’autres pays « amis », il y a peu de chance que la mission britannique suive les orientations américaines sur l’avortement ou le blocus de Cuba, par exemple.

Des mandats nationaux

Au Conseil de sécurité, la dynamique pourrait changer, et toutes les spéculations sont dans l’air. L’UE n’y comptera plus que quatre membres, dont un seul membre permanent ayant le droit de veto, contre deux auparavant. « Il ne faut pas se leurrer, rappelle un diplomate. La France et la Grande-Bretagne ont des mandats nationaux. Elles ont toujours reçu leurs ordres de Paris ou Londres, pas de Bruxelles. » Les deux « permanents » affichaient tout de même souvent des positions proches, puisque en vertu de l’article 34 du traité de l’Union européenne, ils étaient censés faire preuve de « coopération loyale » au sein du Conseil.

« Nous devons d’abord acter le divorce, ensuite, on regardera ce que chacun perd. » Un diplomate

Les diplomates européens s’attendent à ce que ce principe reste de mise le temps de la transition. Ce devrait être le cas pour les résolutions concernant la politique étrangère et de sécurité commune, sur la Libye, ou les missions de paix au Mali (Minusma) ou en République centrafricaine (Minusca). « Alors que les trois grands [Etats-Unis, Russie, Chine] sont occupés à bloquer les dossiers, le rôle de la Grande-Bretagne et de la France, c’est de faire se dégager des consensus sur les dossiers africains, explique David Malone, recteur de l’université des Nations Unies. Ils devraient continuer à le faire. »

Même si, selon un observateur, « les Britanniques montreront un peu leurs muscles les premiers mois ». Le 10 janvier, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution humanitaire sur la Syrie. Allemagne, Belgique, Estonie et France ont voté pour. Mais, le Royaume-Uni s’est abstenu, tout comme les Etats-Unis.

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