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Les grands patrons britanniques ont dû faire un effort cette année : pour gagner autant que le salaire médian d’un Britannique, ils ont dû travailler pendant trente-quatre heures, contre trente-trois heures l’an dernier. Selon les calculs du High Pay Centre, un groupe de réflexion, les directeurs généraux des entreprises du FTSE 100, les cent principales entreprises cotées, ont égalé la rémunération annuelle d’un travailleur britannique le 6 janvier à 17 h 30.
Le calcul, qui, chaque année, permet d’établir le « jour des gros bonnets », ou « fat cats day » en anglais, est bien sûr une approximation. Il se base sur les rapports annuels des entreprises publiés en 2020, qui dévoilent les salaires des patrons pour 2019 – avant l’impact de la pandémie. Il donne néanmoins une bonne idée de l’envolée de ces très hauts salaires. Aujourd’hui, ces grands patrons britanniques gagnent 120 fois plus que les employés médians, contre 50 fois en 2000 et 20 fois au début des années 1980.
Le ratio est cependant relativement stable depuis quelques années. Le salaire médian des patrons du FTSE 100 en 2019 était de 3,61 millions de livres (3,99 millions d’euros), en baisse de… 0,5 %. Difficile d’y voir une tendance de fond : en 2019, cinquante entreprises du FTSE 100 avaient baissé leur rémunération, mais quarante-neuf l’avaient augmenté.
Inégalités criantes
La palme du plus gros salaire ne revient pas cette année à un financier mais à Tim Steiner, le patron d’Ocado, un supermarché en ligne. Cofondateur du groupe, il a décroché le gros lot grâce à l’envolée du cours de Bourse de son entreprise, sur lequel est indexé son bonus. Au total, il a gagné 58,7 millions de livres en 2019.
Nouveauté de 2020, les grandes entreprises cotées ont pour la première fois été obligées de dévoiler le salaire médian de leurs employés, par quartile. Ces informations illustrent les inégalités criantes au sein même des grands groupes. Elles sont particulièrement fortes dans la grande distribution : Ocado, JD Sports (magasins de sports) et Tesco (supermarchés) occupent les trois premières places – le salaire de leur patron correspond à plus de 300 fois celui du niveau médian de leurs employés (et même 2 600 fois pour Ocado).
Paradoxalement, le secteur financier s’en tire beaucoup mieux, avec un ratio de 35, non pas parce que les hauts salaires sont plus bas, mais parce que la rémunération moyenne est très élevée.
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