L’aggiornamento des Verts allemands

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Analyse. Les Verts allemands entreront-ils au gouvernement après les élections législatives prévues le 26 septembre 2021 ? Au vu des sondages, leurs chances sont réelles : si le scrutin avait lieu ces jours-ci, ils obtiendraient entre 17 % et 21 % des voix, derrière les conservateurs (CDU-CSU, 35-37 %) mais devant les sociaux-démocrates (SPD, 15-17 %).

Après l’Autriche, où les écologistes gouvernent avec le chancelier conservateur Sebastian Kurz depuis janvier 2020, l’Allemagne pourrait être le deuxième pays de l’Union européenne à être dirigé par une coalition de ce type dans un proche avenir. A dix mois de l’échéance, les Verts se préparent en tout cas sérieusement à cette hypothèse. En témoigne le « programme fondamental » (Grundsatzprogramm) adopté lors de leur dernier congrès, le 22 novembre.

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Longue de 84 pages, cette plate-forme doctrinale – la quatrième depuis la fondation du parti – illustre le chemin parcouru par un mouvement qui a longtemps entretenu un rapport ambivalent avec le pouvoir, même après son passage au gouvernement aux côtés du social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005), et bien qu’il participe aujourd’hui à des coalitions dans onze des seize Länder du pays. « Dans notre imaginaire, le pouvoir a souvent été considéré comme quelque chose de sale, a admis Robert Habeck, le coprésident des Verts, lors du congrès. Mais si nous voulons transformer la société, nous devons exercer le pouvoir en bâtissant des consensus. »

Souci de crédibilité

S’ils n’ont plus de complexe à dire qu’ils veulent gouverner, les Verts allemands entendent également rassurer. De ce point de vue, leur nouveau programme porte clairement la marque des « realos » (modérés), dont l’influence dans le parti est aujourd’hui bien plus grande que celle des « fundis » (radicaux). Sur la question du climat, le document cite ainsi l’accord de Paris comme « base centrale », affirmant qu’il est « nécessaire de se mettre sur une trajectoire [qui permettra de limiter le réchauffement] à 1,5 degré ».

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Une motion, qui n’a pas été retenue, souhaitait faire de l’objectif de 1,5 degré « le critère de toute la politique des Verts ». Plus vague, la formule finalement adoptée montre que les Verts, plutôt que de donner des gages à un mouvement comme celui des Fridays for Future lancé par la Suédoise Greta Thunberg, se placent déjà dans la perspective de devoir faire des compromis afin de sceller un « contrat de coalition » avec la CDU-CSU après les prochaines législatives.

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