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Un nouveau chapitre du mouvement de contestation qui dure depuis deux mois et demi s’ouvre en Biélorussie, avec l’appel à la grève générale lancé, dimanche 25 octobre, par la figure principale de l’opposition, Svetlana Tsikhanovskaïa. Celle-ci avait auparavant lancé un ultimatum exigeant la libération des prisonniers politiques, la fin des violences policières et le départ du président pour ce 25 octobre, à minuit. Alexandre Loukachenko a répondu à sa manière, en se bornant à violemment réprimer la manifestation pacifique du jour.
Des dizaines de milliers de protestataires se sont réunis en début d’après-midi dans plusieurs villes du pays pour un rendez-vous devenu rituel depuis la réélection contestée du président, le 9 août, avec 80 % des voix, selon les résultats officiels. Le mot d’ordre du jour, l’ultimatum, et la perspective de la grève générale ont rassemblé, dans des proportions bien supérieures aux dernières manifestations.
Malgré quelques arrestations dans les premières heures de la marche, les protestataires ont pu converger vers le point de rassemblement, la stèle de la Ville-Héros, et commencer une marche pacifique autour du centre-ville. Outre les habituels drapeaux blanc et rouge, symbole du mouvement révolutionnaire, les groupes de musiciens et les pancartes, de nombreux slogans appelaient au départ d’Alexandre Loukachenko et à la grève.
« Le régime a de nouveau montré aux Biélorusses aujourd’hui que la violence est la seule chose dont il est capable », a réagi l’opposante Svetlana Tsikhanovskaïa sur sa chaîne Telegram
En début de soirée, alors que les manifestants quittaient le centre-ville et que le cortège s’amenuisait, les forces de l’ordre sont violemment intervenus. Les Biélorusses ont été arrosés de grenades assourdissantes et traqués dans les cours des immeubles par des hommes lourdement armés. Une vidéo a particulièrement choqué sur les réseaux sociaux. On y voit un membre des forces spéciales anti-émeutes, encagoulé, entré de force dans un appartement, frapper un homme à terre à coups de matraques, tandis qu’une femme tente de le défendre. De nombreux actes de violence ont également eu lieu dans d’autres villes du pays. Près de 160 personnes avaient été arrêtées en début de soirée, selon l’ONG de défense des droits humains, Vesna.
« Le régime a de nouveau montré aux Biélorusses aujourd’hui que la violence est la seule chose dont il est capable, a réagi Svetlana Tsikhanovskaïa sur sa chaîne Telegram, dans l’après-midi. Par conséquent, demain, 26 octobre, une grève nationale commencera. »
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