[AFP] Covid-19: la France à la chasse au variant anglais

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A quel point le variant anglais circule-t-il en France? Les autorités cherchent à répondre rapidement à cette question, sous la menace d’un rebond de l’épidémie de Covid-19 que pourrait entraîner cette version vraisemblablement plus contagieuse du coronavirus.

 

“Nous devons vraiment tout faire pour limiter ce variant”, a insisté jeudi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran, en assurant prendre la “menace très au sérieux”.

Pour l’instant, 19 cas de contamination par ce variant sont avérés dans toute la France (ainsi que trois autres par un variant différent initialement repéré en Afrique du Sud), selon le ministère de la Santé.

Mais au-delà de ces cas connus, il y a fort à parier que “sa circulation (soit) déjà active dans le pays”, a assuré le laboratoire d’analyses Biogroup.

L’un des cas a été décelé à Bagneux, près de Paris, à la suite d’un test mené avant Noël.

Or, selon le ministère de la Santé, la personne testée travaillant dans deux établissements scolaires n’avait pas voyagé au Royaume-Uni ni été en contact avec quelqu’un qui y était allé. Ce qui laisse supposer que le variant anglais circule déjà en France.

Pour y voir plus clair, une enquête nationale a été lancée afin de “faire une première cartographie” de sa diffusion, a expliqué Bruno Coignard, de l’agence sanitaire Santé publique France, vendredi lors d’une conférence de presse en ligne.

Elle va porter sur “tous les tests positifs” au Covid-19 des deux dernières journées, jeudi et vendredi.

 

– Séquençage –

 

Ces prélèvements vont être réanalysés en utilisant une technique de PCR particulière, celle de l’entreprise Thermo Fischer. Contrairement à d’autres PCR, cette analyse réagit différemment si on est en présence du variant.

“C’est un premier filtre, et ensuite on va aller faire du séquençage” génétique pour s’assurer qu’il s’agit bien du variant, explique à l’AFP Vincent Enouf, du Centre national de référence des virus respiratoires de l’Institut Pasteur, qui réalise ces séquençages.

Détecté en novembre au Royaume-Uni, ce variant, appelé B.1.1.7 puis VOC 202012/01, trouve “probablement” son origine dans le sud-est de l’Angleterre en septembre, selon l’Imperial College de Londres.

Il s’est rapidement étendu dans le Royaume-Uni puis d’autres pays. Au Danemark, les autorités s’attendent à ce qu’il soit majoritaire d’ici mi-février, une perspective que la France cherche à éviter.

“Est-ce que ce virus va prendre la place (du virus classique, ndlr)? On ne sait pas. En tous les cas on ne le détecte pas à hauteur de 97%, c’est absolument pas ça actuellement en France”, tempère Vincent Enouf.

Selon les premières données, ce variant semble 50 à 70% plus contagieux.

Même s’il ne paraît pas intrinsèquement plus dangereux, il risque de poser un problème majeur: davantage de personnes contaminées, c’est davantage de malades qui finissent à l’hôpital, avec un risque accru que le système soit submergé.

Pour autant, on ne peut encore pas dire avec certitude que ce variant est nettement plus contagieux.

Même si elle semble vraisemblable, cette hypothèse n’est encore basée que sur des observations épidémiologiques, dont l’explosion de l’épidémie en Angleterre. Or, cela prend du temps de l’établir avec certitude, en analysant en laboratoire les caractéristiques du variant, souligne Vincent Enouf.

“La difficulté, c’est qu’on doit donner des réponses sur la contagiosité éventuelle d’un virus avec des méthodes qui demandent plusieurs semaines”, note-t-il. “C’est toute la difficulté de la prise de décision de confiner ou pas confiner”.

 

– Digues –

 

Outre Bagneux, un autre “cluster à risque” potentiel a été identifié jeudi par le ministère de la Santé, dans un établissement pour personnes âgées près de Rennes.

Depuis, les analyses ont apporté une première réponse rassurante: le cas initial, une professionnelle de santé, n’était finalement pas dû au variant britannique, a annoncé vendredi l’Agence régionale de Santé (ARS) Bretagne. On attend désormais les résultats des autres cas suspects.

Au-delà des analyses génétiques, les autorités surveillent d’éventuelles flambées épidémiques localisées, qui pourraient être le signe de la présence du variant.

“C’est une vigilance quotidienne pour pouvoir réagir”, note Bruno Coignard.

Le but est de mettre en place rapidement des mesures strictes d’isolement et de traçage des contacts, pour casser les chaînes de contamination.

C’est ce qui avait été fait il y a près d’un an contre le coronavirus classique, avant que ces digues craquent et que l’épidémie décolle.

De fait, il semble illusoire d’espérer éradiquer totalement ces nouveaux variants, britannique comme sud-africain. Selon Bruno Coignard, “l’objectif est de retarder au maximum leur diffusion. Je dis bien retarder et non pas empêcher”.

 

© Agence France-Presse

                

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