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Oleksiï Gontcharouk, ancien avocat et partisan d’une politique économique libérale, disposera d’une faible marge de manœuvre.
A 35 ans, Oleksiï Gontcharouk est devenu le plus jeune premier ministre ukrainien. Le Parlement a voté jeudi 29 août pour cet ancien avocat partisan de réformes économiques libérales, peu connu et n’ayant que trois mois d’expérience au sein du pouvoir. Après des semaines d’intenses consultations, le nouveau président, Volodymyr Zelensky, lui-même novice en politique et plus jeune chef de l’Etat ukrainien à 41 ans, a officiellement proposé aux députés du nouveau Parlement de nommer M. Gontcharouk comme premier ministre. Les députés, qui sont acquis au président après la victoire de son parti aux législatives en juillet, ont approuvé cette nomination au premier jour de leur travail.
« Nous avons plus de 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (…). Nous avons une guerre dans l’Est. Et en plus, nous avons la corruption. Il faut y mettre fin et nous allons le faire. Le nouveau gouvernement ne va pas voler », a lancé M. Gontcharouk avant le vote, sous les applaudissements de l’hémicycle. Sa nomination s’inscrit dans le contexte de l’arrivée massive de nouveaux visages dans les sphères du pouvoir en Ukraine, après l’élection triomphale en avril de M. Zelensky sur la promesse de « casser le système ». « Une nouvelle génération est arrivée au pouvoir », a souligné M. Gontcharouk devant les députés. Qualifié de « bourreau de travail », il a été nommé fin mai comme chef adjoint de l’administration présidentielle chargée des questions économiques. Il accompagnait le chef de l’Etat lors des rencontres à ce sujet.
Il « ne pourra pas être un premier ministre indépendant »
M. Gontcharouk a dirigé pendant quatre ans le centre d’analyse BRDO à Kiev, financé par l’Union européenne et dont les activités visent à améliorer le climat des affaires en Ukraine. A la tête du gouvernement, M. Gontcharouk sera confronté à des défis titanesques dans cette ex-république soviétique, l’un des pays les plus pauvres d’Europe, rongé par la corruption et confronté à une guerre avec des séparatistes prorusses dans l’Est, qui a fait environ 13 000 morts. « Son défi principal sera de ne pas trahir les attentes, ce qui ne sera pas facile », souligne Oleksandre Parachtchiï, analyste de la banque d’investissements Concorde Capital à Kiev.
Considéré comme partisan d’une politique économique libérale, M. Gontcharouk a plaidé en faveur de la poursuite de la coopération avec le Fonds monétaire international, dont l’aide financière est cruciale et conditionnée à l’application de mesures très impopulaires, comme la hausse de la facture du gaz. Diplômé de droit et d’administration publique, M. Gontcharouk, qui a fait ses études en Ukraine, dispose d’un soutien sans précédent de la majorité parlementaire et de la présidence, mais sa marge de manœuvre personnelle reste limitée. Il « ne pourra pas être un premier ministre indépendant, même s’il le souhaite, faute de disposer de sa propre base politique », résume l’analyste politique Volodymyr Fessenko.
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