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Les Iraniens sont appelés aux urnes vendredi 21 février pour désigner leurs représentants au Parlement, le Majlis. Mardi, le Guide de la révolution, Ali Khamenei, véritable chef de la République islamique, leur a fait savoir que leur participation était un « devoir religieux ». Mais nombreux pourraient être ceux, selon les prévisions, à s’en libérer. Voter en République islamique est un exercice contraint. Les mécanismes subtils qui régentent le labyrinthe institutionnel organisant le fonctionnement du régime permettent la représentation de tendances politiques diverses, mais uniquement dans un spectre où l’on se conforme rigoureusement aux principes d’un système soumis à la férule du Guide.
Pour les élections de vendredi, qui interviennent dans un contexte de tensions intérieures et extérieures accrues, ce jeu déjà contraint s’est encore resserré autour des plus conservateurs, décourageant une partie de l’électorat, ceux qui pouvaient encore croire, il y a quelques années encore, à la possibilité de faire évoluer le système de l’intérieur vers une plus grande ouverture.
Depuis la fin de l’année 2019, le conseil des gardiens, l’instance chargée de valider les candidatures aux élections législatives, a exclu plusieurs milliers d’aspirants parlementaires dont une majorité de réformistes et de modérés, associés au gouvernement actuel du président, Hassan Rohani, réélu au suffrage universel en 2017. Parmi les candidatures retoquées se trouvent celles de 90 représentants sortants, en majorité issues de ces tendances, opposées aux conservateurs.
Une ère de raidissement
« Face à la menace extérieure, le Guide Ali Khamenei a un impératif : mettre de l’ordre dans le sérail, explique Ahmad Salamatian, ancien vice-ministre des affaires étrangères de la République islamique et fin connaisseur de ses rapports de force. Il n’est plus question pour lui d’octroyer des concessions à la population au-delà de ses partisans les plus définitivement convaincus. Les autres n’iront pas voter. » Alors que Téhéran avait massivement voté en 2016 pour les réformateurs en donnant à ce camp politique ses 30 sièges sur les 290 que compte la chambre, certaines études prévoient cette fois une participation inférieure à 25 %, qui profiterait aux conservateurs. Ces derniers peuvent compter sur la base sociale du régime qui, par son vote, réaffirme son allégeance à la République islamique.
En revanche, les réformateurs et les modérés dépendent historiquement des espoirs fondés en eux par les électeurs épris de changement. Le président Rohani, homme façonné par le régime, avait pu incarner, dans le cadre des négociations sur le nucléaire iranien et grâce à leur succès se soldant par la signature d’un accord en 2015, des espoirs d’ouverture et de développement économique. Il avait reçu pour cela de l’électorat un soutien appuyé en 2016, avec la victoire de ses alliés aux législatives.
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