Van, havre turc pour Iraniens désabusés

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La ville du sud-est de la Turquie accueille de nombreux ressortissants de l’Iran voisin, venus en touristes ou pour échapper aux problèmes économiques et politiques de leur pays.

Par Publié aujourd’hui à 02h44

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Sur les bords du lac de Van, en Turquie.
Sur les bords du lac de Van, en Turquie. OSMAN ORSAL / REUTERS

Van est de ces cités qui revêtent un air moins morose la nuit. Au coucher du soleil dans cette agglomération turque à majorité kurde, l’obscurité dissimule la poussière de ses rues désolées. En été comme en hiver, les enseignes en néon donnent un peu de joie aux principaux boulevards de la ville. Située à une bonne heure de route, l’Iran paraît encore moins loin.

Agences de voyage, hôtels, boutiques de vêtements et restaurants portent presque tous des affiches en persan. « Terminal pour les cartes bancaires iraniennes disponible », peut-on lire dans les vitrines de nombreuses boutiques de la ville. Sur les boulevards Cumhuriyet et Kazım Karabekir, la langue persane est un élément omniprésent dans le brouhaha ambiant : Van est le premier point de chute des Iraniens, exemptés de visa en Turquie. Elle rassemble les différentes facettes de l’Iran contemporain : ses problèmes économiques et politiques, son absence de liberté et un peuple avide de normalité.

La jeune Neda s’est installée à Van il y a quatre mois. En Iran, elle a travaillé pendant trois ans dans un hôpital à Téhéran comme assistante médico-administrative. « Mes horaires étaient dingues, mais je ne gagnais que 1,8 million de tomans par mois (125 euros) et mon salaire n’a jamais été augmenté. Toutes ces années d’études dans le domaine de la santé et de sécurité au travail pour ça ? Ça ne valait pas la peine de continuer », dit-elle, sans jamais regretter sa décision de venir en Turquie. Voilà un mois, elle est allée rendre visite à sa mère en Iran et la hausse des prix l’a choquée. « Ils sont devenus fous. La situation économique des gens, riches ou pauvres, est terrible. Les salaires ne couvrent pas les dépenses. Ils ont du mal à trouver des pâtes. Vous imaginez ? Des pâtes, l’aliment le plus basique. »

« C’est beaucoup mieux en termes de libertés »

En 2017, Neda a voté pour le président modéré Hassan Rohani, mais elle n’a plus d’espoir pour l’Iran, alors que les tensions s’accumulent avec les Etats-Unis, depuis que le président américain Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord sur le nucléaire, en mai 2018. « Dans le quartier de ma famille, Narmak [l’ouest de Téhéran], la police des mœurs est beaucoup plus présente qu’avant. Ils nous embêtent beaucoup plus qu’à l’époque de Mahmoud Ahmadinejad [l’ancien président ultraconservateur]. Il faut avouer qu’ici, c’est beaucoup mieux en termes de libertés aussi. »

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