Valéry Giscard d’Estaing, l’Européen convaincu

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Valéry Giscard d'Estaing et le chancelier allemand Helmut Schmidt lors d'un sommet à Maastricht (Pays-Bas), le 23 mars 1981.

Lorsque Valéry Giscard d’Estaing accède à la présidence de la République, en 1974, les partisans de l’intégration européenne, à commencer par Jean Monnet, son inspirateur, se réjouissent de voir l’un des leurs à la tête de l’Etat. Pour eux, la page du gaullisme, c’est-à-dire celle d’un certain nationalisme antieuropéen, est enfin tournée : l’homme qui succède à Georges Pompidou affiche en effet de solides convictions proeuropéennes. Il a adhéré au Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe, fondé et animé par Jean Monnet, pour soutenir la candidature britannique.

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Depuis son départ du gouvernement en 1966, il a resserré ses liens avec le « père de l’Europe », qui le félicitera, en 1977, à l’occasion du vingtième anniversaire des traités de Rome, d’avoir « compris l’essentiel ». « Oui, lui dira-t-il, selon le témoignage de l’ancien président de la République dans son livre Le Pouvoir et la Vie, j’ai vu que vous aviez compris que la France était désormais trop petite pour pouvoir résoudre seule ses problèmes. » Dans ses Mémoires, Jean Monnet écrit : « Son esprit était ouvert au changement et, dans cette perspective, l’Europe lui paraissait une étape naturelle. »

Fidélité à Jean Monnet

Valéry Giscard d’Estaing appartient, dès son entrée en politique, à la famille des indépendants, qui se distingue de la famille gaulliste à la fois par son libéralisme et par son soutien à la construction européenne. S’il se sépare d’une partie de ses amis en apportant son appui au général de Gaulle, il entend constituer l’aile centriste et européenne de la nouvelle majorité. Il expliquera plus tard que le général de Gaulle et Jean Monnet sont les deux personnalités qui ont produit sur lui la plus forte impression. Il tente donc de concilier sa fidélité au « père de l’Europe » et son dévouement au fondateur de la Ve République.

En 1962, il refuse de suivre les ministres démocrates-chrétiens qui se démettent de leurs fonctions pour protester contre des propos critiques du chef de l’Etat à l’égard du projet européen. En 1969, il soutient le gaulliste Georges Pompidou, plutôt que le démocrate-chrétien et militant européen Alain Poher, à l’élection présidentielle qui suit l’échec du référendum.

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing s’engage avec détermination en faveur de la construction européenne. Il reçoit symboliquement, contre le candidat gaulliste, Jacques Chaban-Delmas, le renfort des démocrates-chrétiens et en particulier celui de Jean Lecanuet, qui s’était opposé au général de Gaulle en 1965 au nom du combat pour l’Europe. Désormais il va faire de l’Europe unie l’un des thèmes majeurs de son action, d’abord pendant les sept années de sa présidence puis, après son échec de 1981, pendant le reste de sa vie politique.

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