une tradition de soirées électorales à suspense

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Harry Truman tenant en main un journal titrant : « Dewey defeats Truman », après que le Chicago Daily Tribune l’a annoncé perdant, le 4 novembre 1948.

A en croire les sondages, la soirée de mardi 3 novembre pourrait être bouclée très rapidement, en faveur du démocrate Joe Biden. Mais plus personne n’ose croire aux sondages depuis la victoire surprise du républicain Donald Trump en 2016. En 1984, lorsque républicain Ronald Reagan fut donné vainqueur à 20 heures, tant la défaite de son adversaire Walter Mondale fut cuisante, le démocrate ne l’emporta finalement qu’à Washington DC et dans l’Etat du Minnesota. Mais la tradition américaine est bien différente, et il faut souvent attendre bien longtemps, comme le rappelle le Washington Post, qui publie un article historique sur le sujet.

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La prudence est de mise : chacun se souvient la photo jubilatoire du démocrate Harry Truman, tenant en main un journal titrant : « Dewey defeats Truman » (« Dewey vainc Truman »). Menacé d’une grève dans son imprimerie, Le Chicago Daily Tribune n’avait pas jugé utile d’attendre les résultats complets avant d’annoncer la défaite du successeur de Franklin Delano Roosevelt. Plus récemment, en l’an 2000, le match entre le démocrate Al Gore et le républicain George W. Bush fut suspendu au comptage et recomptage des bulletins de Floride, à la lecture impossible : les bulletins devaient être perforés, et il fallait une expertise pour savoir si le confetti avait été correctement séparé. La Cour suprême mit fin au recomptage le 12 décembre 2000, offrant la victoire définitive à George W. Bush fort de 537 voix d’avance en Floride.

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Le soir de l’élection n’a pas toujours été un soir d’élection. Il faut attendre 1845 pour qu’une loi précise que le scrutin se déroule sur une journée unique, le mardi suivant le premier novembre. La mesure s’appliqua dès 1848.

Des semaines, voire des mois d’attente

A la fin du XIXe siècle, les scores se resserrent, et les résultats deviennent incertains. En 1876, les Américains ont attendu quatre mois avant de connaître le résultat de l’élection. Le républicain Rutherford B. Hayes n’a été certifié vainqueur face au démocrate Samuel Tilden que le 2 mars 1877, trois jours avant son investiture à Washington. En 1884, il a fallu attendre une semaine pour être sûr que le candidat démocrate Grover Cleveland avait bien remporté l’Etat de New York et donc l’élection.

La confusion de la nuit électorale s’est poursuivie au XXe siècle. Plus de deux semaines se sont écoulées avant que l’élection opposant le président démocrate Woodrow Wilson au républicain Charles Evan Hughes ne soit réglée. « Vote présidentiel très proche ; Les deux partis revendiquent la victoire », titra au matin de l’élection le Washington Post. Il restait suffisamment d’incertitudes dans le décompte pour que Hughes repousse jusqu’au 22 novembre la reconnaissance de sa défaite.

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