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Bernie Sanders a perdu son pari, mardi 10 mars. Distancé par l’ancien vice-président Joe Biden dans la course à l’investiture présidentielle démocrate, le sénateur indépendant du Vermont avait concentré ses forces sur l’un des six Etats qui se prononçaient, le Michigan, le plus riche en délégués (125), où il avait créé la surprise quatre ans plus tôt. Il y avait en effet battu d’une courte tête la favorite d’alors, Hillary Clinton, relançant une improbable campagne.
Le miracle ne s’est pas répété. Battu sèchement par Joe Biden, qui y a obtenu près de 15 points de plus que lui, Bernie Sanders a au contraire cédé à nouveau du terrain. Ecrasé dans le Mississippi, largement dominé dans le Missouri, il a en outre été devancé dans l’Idaho. Les résultats pour le Dakota du Nord et l’Etat de Washington n’étaient, eux, pas encore disponibles.
Après avoir annulé par précaution, pour cause de coronavirus, le meeting prévu le soir même dans l’Ohio, tout comme son adversaire, le sénateur est rentré chez lui à Burlington, dans le Vermont, où il est resté silencieux.
Vote utile et sentiment d’urgence
Les résultats qui s’accumulent n’ont rien d’encourageants. Mardi, l’ancien vice-président a été porté par les mêmes ressorts à l’origine d’un spectaculaire come-back, deux semaines plus tôt. La majorité des électeurs qui se sont exprimés ont placé comme priorité, tout comme ceux du Super Tuesday, le 3 mars, la victoire contre Donald Trump, en novembre, considérant que Joe Biden est le mieux placé pour l’obtenir.
Ce vote utile et ce sentiment d’urgence ont relégué au second plan « la révolution politique » défendue par Bernie Sanders, articulée autour de propositions audacieuses telles qu’une sécurité sociale universelle, la gratuité des études supérieures ainsi que l’effacement d’une énorme dette étudiante, un héritage de la crise financière de 2008.
Mardi, Bernie Sanders a presque partout perdu du terrain et tout particulièrement dans les banlieues, qui ont ramené une majorité démocrate à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat, en novembre 2018. Joe Biden a creusé là ses plus grands écarts, dans le Mississippi comme dans le Missouri et le Michigan.
Le sénateur du Vermont a conservé le vote des plus jeunes, les plus concernés par ses propositions, mais ces derniers se sont comparativement moins mobilisés que les générations plus âgées.
Il avait déjà regretté publiquement ce déficit après le 3 mars. Il n’a pu que le constater une nouvelle fois mardi soir. Il le prive d’un argument central, martelé depuis des mois.
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