Une relation toujours plus houleuse entre la France et la Turquie

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Le général Khalifa Hifter, chef de l’armée libyenne, lors d’une interview, à Al-Marj, en Libye, le 18 mars 2015.

Entre Paris et Ankara, les nuages s’amoncellent. Le porte-parole du ministère turc des affaires étrangères a riposté, mardi 23 juin, au président français Emmanuel Macron, qui avait affirmé la veille que la Turquie jouait à « un jeu dangereux » en Libye. « En raison du soutien qu’elle apporte depuis des années aux acteurs illégitimes, la France a une part de responsabilité importante dans la descente de la Libye vers le chaos. De ce point de vue, c’est en réalité la France qui joue à un jeu dangereux », a déclaré Hami Aksoy.

A l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kaïs Saïed, reçu lundi à l’Elysée, Emmanuel Macron avait exhorté le président turc Recep Tayyip Erdogan à mettre fin aux actions de son pays en Libye où Ankara soutient militairement le gouvernement d’accord national (GAN) de Tripoli, reconnu par les Nations unies, face aux forces du maréchal Khalifa Haftar, soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis, la Russie et la France.

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« Je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements pris lors de la conférence de Berlin », a expliqué le président français en référence à la réunion organisée en janvier pour amener les parties adverses à des négociations. « Il en va de l’intérêt de la Libye, de ses voisins, de toute la région mais également de l’Europe », a-t-il insisté, précisant avoir tenu « le même discours » au président américain Donald Trump lors d’un entretien téléphonique lundi après-midi.

Incident maritime en Méditerranée

Après avoir lancé une offensive sur la capitale libyenne en avril 2019, les forces du maréchal Haftar ont été mises en déroute par le GAN qui a reçu un soutien militaire conséquent de la Turquie. Désormais, les forces du gouvernement de Tripoli encerclent la ville stratégique de Syrte, qui ouvre la voie vers les champs de pétrole. Dénonçant « l’ingérence » turque en Libye, le président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi a menacé d’intervenir militairement si la ville de Syrte tombait aux mains du GAN.

Le président Erdogan n’a aucune intention de se retirer, au contraire. Après la récente visite à Tripoli d’une délégation de hauts responsables turcs – dont le ministre des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu et celui du Trésor et des finances Berat Albayrak – la coopération a été renforcée, la Turquie s’étant engagée à former militairement les combattants du GAN et à renforcer sa coopération en matière de sécurité et d’énergie.

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