une mobilisation américaine massive et décentralisée

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Une foule de manifestants marche sur le Capitol de Washington D.C., pour dénoncer le racisme et les violences policières, le 6 juin.
Une foule de manifestants marche sur le Capitol de Washington D.C., pour dénoncer le racisme et les violences policières, le 6 juin. ROBERTO SCHMIDT / AFP

Les vagues régulières de marcheurs déferlent dans les rues de Washington ce samedi après-midi 6 juin. Près de deux semaines après la mort de George Floyd, étouffé par le genou d’un policier de Minneapolis alors qu’il gisait menotté à terre, l’exaspération contre les violences policières ne faiblit pas. Ils sont des milliers à avoir répondu à une dizaine d’appels à manifester dans la capitale fédérale lancés les jours précédents. Presque tous masqués du fait de la pandémie toujours vivace de Covid-19. Un succès incontestable pour une organisation aussi minimaliste qui doit tout aux réseaux sociaux.

Lorsqu’il passe devant l’hôtel Trump, non loin de là, l’un des cortèges y prête à peine attention. Donald « Trump doit dégager », crient des manifestants, comme par réflexe. Certains se contentent d’un doigt d’honneur silencieux. La cible du jour n’est décidément pas le président des Etats-Unis. Parmi les centaines de pancartes artisanales, un mot d’ordre fait le lien entre les communautés et les classes d’âges, Black Lives Matters (BLM) (La Vie des Noirs compte). Il est décliné à l’infini, accompagné de revendications, de cris de colère ou de traits d’humour, « Virez les flics racistes », « Le suprémacisme blanc est le virus », « Le racisme est la pandémie », ou limité à ses trois lettres. La veille, la maire afro-américaine de Washington, Muriel Bowser, a décidé de rebaptiser ainsi l’avenue qui donne sur le parc Lafayette et au-delà sur la Maison-Blanche. Le slogan a été peint en gigantesques lettres jaunes sur toute la largeur de la chaussée.

« Il ne faut pas lâcher car la tâche est immense »

Dans la foule, beaucoup de jeunes, plus de Blancs que de Noirs, et quelques rares familles biraciales. Les groupes d’amis sont le plus souvent monocolores. Michelle Jennings, une Afro-Américaine de 31 ans a fait le déplacement depuis Richmond (Virginie). « Mon fils de 7 ans ne voulait pas que je vienne. Nos enfants sont élevés dans la peur de la police. Il faut que cela change et qu’ils vivent dans un monde meilleur que le nôtre », explique la jeune femme. Non loin d’elle, Jill Henderson a le même espoir pour les générations futures. Cette mère de famille blanche, « élevée dans une communauté raciste de Virginie occidentale », veut éduquer ses deux enfants de 3 et 6 ans, assis sagement à ses côtés, « dans un tout autre environnement ».

La mobilisation réussie ravit Erica, la quarantaine, venue déjà à trois reprises protester à Washington depuis la mort de George Floyd. « Je ne suis pas surprise compte tenu de ce que je vois sur les réseaux sociaux, mais il ne faut pas lâcher car la tâche est immense, il faut des changements à tous les niveaux, local comme fédéral, le problème est structurel », explique-t-elle. Les pieds posés sur le « M » majuscule du mot d’ordre du jour, Tierra Robinson, une Afro-Américaine promet de revenir « tant que l’on ne verra pas de changement ».

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