Une  fête était prévue le 20 décembre 2021 : Ponamah, 100 ans, décède six jours après son anniversaire

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Le jeudi 10 décembre, Ponamah Ramsamy Useree fêtait ses 100 ans à son domicile à Surinam, entourée de sa famille. De nature très pieuse, elle voulait célébrer l’événement au Parameshwari Ananda Nilayam Ashram de Beau-Climat le 20 décembre 2020. Malheureusement, elle s’est éteinte le matin du 16 décembre avant même de pouvoir souffler ses bougies. 

Tout était prévu. Ponamah Ramsamy Useree devait souffler ses 100 bougies le 20 décembre 2020. Elle devait même recevoir la médaille qu’on remet normalement aux centenaires. Une grande fête était prévue ce jour-là, en présence de ses proches, d’élus de la circonscription et de plusieurs habitants. Mais le destin en a voulu autrement. 

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Ponamah s’est malheureusement 
éteinte avant d’avoir pu symboliquement souffler ses bougies. 

La centenaire s’en est allée le matin du 16 décembre 2020. Durant ses derniers jours, elle a pu partager des moments de joie et des fous rires avec les siens. Elle a eu une chance inestimable de pouvoir profiter de ses 17 petits-enfants, 26 arrière-petits-enfants et quatre arrière-arrière-petits-enfants. Ponamah Ramsamy Useree a été bercée d’amour. Pour ses cent ans, elle avait reçu, tous les jours depuis le 10 décembre 2020, la visite des membres de sa famille issus des quatre coins de l’île. 

Née dans une fratrie de 12 enfants, Ponamah Ramsamy Useree en était la benjamine. La longévité semble être une affaire de famille chez eux. Leur mère a vécu jusqu’à l’âge de 112 ans. La sœur de Ponamah Ramsamy Useree a 104 ans et une autre de ses sœurs est décédée trois mois avant de célébrer ses 100 ans.

Luchmun, son neveu qu’elle considérait comme son propre fils, la décrit comme une femme au tempérament calme. « Je ne l’ai jamais entendu crier pour quoi que ce soit, et ce peu importe la gravité de la situation. Elle prenait toujours des décisions avec un sang-froid sans pareil. Malgré ses sacrifices et les circonstances de la vie qui ont été dures pour elle, elle n’a jamais laissé transparaître la moindre colère », confie-t-il. 

Ayant grandi sous son toit, il se souvient des histoires passionnantes qu’elle racontait à chaque occasion qui se présentait. Luchmun soutient qu’elle avait toutes ses facultés. « C’est rare qu’une personne d’un âge avancé soit encore lucide et puisse avoir une aussi bonne mémoire. D’ailleurs, je faisais souvent exprès de me tromper sur quelque chose pour la voir s’empresser de me corriger », se remémore-t-il.

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Luchmun garde de bons souvenirs de sa tante qui lui racontait souvent des histoires de son passé. 

La centenaire était connue pour être une bonne vivante et pour sa bonne humeur. Son décès soudain a été un choc pour la famille, surtout pour ses filles Radha et Vidya qui vivaient avec elle. « Nous gardions toujours un œil sur sa chambre. Nous lui préparions du lait à l’heure du goûter. Ce sont des habitudes dont nous ne nous sommes pas encore défaits. C’était le rayon de soleil de la maison. Elle égayait nos vies avec ses blagues et son sourire. Elle nous manquera terriblement », indique l’une d’elles.

Ponamah Ramsamy Useree avait la joie de vivre jusqu’à son dernier souffle. Radha se rappelle les dernières paroles de sa mère. « Elle parlait à mon frère qui habite en France et lui demandait s’il allait venir. Il lui a répondu qu’il lui serait difficile de venir, car il n’y avait pas de vol en ce moment. Ma mère lui a ensuite dit qu’elle était contente qu’il ne vienne pas. Ses propos nous ont fait rire ma sœur et moi, car nous les trouvions étranges. Nous nous sommes dit qu’elle avait peut-être dit cela pour que mon frère ne soit pas triste de ne pouvoir venir à Maurice pour ses cent ans », raconte Radha. 

Prière symbolique

Toutefois, la famille se dit heureuse d’avoir pu accomplir le vœu de Ponamah même si elle n’a pas pu y assister : celui qu’une prière spéciale, le « Vandala Janmadin Utsavam », soit dite le 20 décembre, au Parameshwari Ananda Nilayam Ashram de Beau-Climat. « Elle n’a jamais vraiment aimé couper de gâteau pour son anniversaire. Ce qu’elle voulait, c’est que cette prière soit dite. Un rituel était normalement prévu. Il consistait à laver les pieds du centenaire. C’est considéré comme une bénédiction et seulement les enfants sont invités à la faire. Mais à notre grande surprise, toutes les personnes présentes ont tenu à le faire », raconte Luchmun. Il ajoute qu’un grand repas a ensuite été servi. « Nous remercions l’Ashram pour l’accueil et surtout d’avoir réalisé le souhait de ma tante », conclut Luchmun.

Le parcours d’une femme courage 

ponamahPonamah Ramsamy Useree voit le jour en 1920 à Chemin-Grenier. En 1937, alors qu’elle est âgée de 17 ans, elle épouse Appanah Useree à Fontenelle, un camp sucrier situé à Terracine. De leur union naissent neuf enfants. 

Après la naissance de son deuxième enfant, elle commence à travailler comme femme laboureur à Union-Ducray. Elle a alors 20 ans. À l’époque, la vie est extrêmement difficile pour elle. S’étant mariée dans une famille de laboureurs, elle doit trimer pour faire bouillir la marmite. 

En 1962, ils déménagent de Fontenelle pour aller vivre à Surinam. Ponamah continue à travailler dans les champs de canne. Parallèlement, elle s’occupe de l’élevage de vaches. Elle vend aussi du pain, des « poutous » et des gâteaux salés mauriciens en faisant du porte-à-porte. 

Après 44 ans de mariage, la vie la sépare de son époux. Elle se retrouve seule avec six enfants. Elle travaille d’arrache-pied pour les élever et assurer leur éducation. Elle finance même leurs mariages respectifs. Pour elle, le bonheur c’est d’être entourée de ses enfants. 

En 1960, lors du passage du cyclone Carol, alors qu’elle s’occupe de l’élevage des vaches, Ponamah vit un moment difficile. Un incendie éclate dans l’étable où elle travaille. Au péril de sa vie, elle s’y rue sans la moindre hésitation pour sauver la vie des animaux dont elle a pris soin avec beaucoup d’amour. 

Ponamah Ramsamy Useree est également connue comme la femme qui s’est occupée de la tabagie du coin à Surinam. Commerce qu’elle a ouvert en 1982 après avoir pris sa retraite comme femme laboureur. Grands comme petits ont eu l’occasion de côtoyer cette sympathique bonne femme de Surinam qui leur donnait le sourire au quotidien grâce à sa bonne humeur. Si elle n’a jamais eu la chance de s’asseoir sur les bancs de l’école en raison de la situation financière de ses parents, elle était néanmoins imbattable en mathématiques.



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Defi Media

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