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SynthèseLes réseaux sociaux ont pris de nombreuses mesures ces quatre dernières années pour empêcher de nouvelles ingérences, russes ou autres. Sans pouvoir garantir que leurs outils ne serviront pas de nouveau à perturber l’élection.
En 2016, lors de l’élection présidentielle qui a vu Donald Trump parvenir à la Maison Blanche, les grandes plates-formes de la Silicon Valley n’ont rien vu venir. A coups de faux profils et de publicités ciblées, les agents de l’Internet Research Agency (IRA), l’officine de propagande du Kremlin sur Internet, ont pu mettre en place une opération de manipulation de l’élection américaine, sans être détectés ni inquiétés par quiconque.
Ces « trolls d’Etat » visaient « les utilisateurs insatisfaits de la situation sociale et économique »
Il a fallu plusieurs mois et de longues enquêtes, parlementaires et judiciaires, pour lever le voile sur cette offensive : 126 millions de personnes ont été exposées à leurs contenus sur Facebook, environ 1,4 million sur Twitter. De faux comptes ont aussi publié, dans une moindre mesure, sur Instagram ou sur YouTube. Ces « trolls d’Etat », installés dans un bâtiment anonyme de Saint-Pétersbourg, se sont intéressés « aux questions sociales et politiques controversées aux Etats-Unis » et visaient particulièrement « les utilisateurs insatisfaits de la situation sociale et économique », selon l’acte d’accusation du procureur spécial Robert Mueller inculpant treize d’entre eux.
Leur but était bien de soutenir Donald Trump et de nuire à Hillary Clinton, selon les conclusions d’un épais rapport bipartisan de la commission sénatoriale au renseignement, publié en octobre 2019. Pour ce faire, ils ont patiemment construit de faux profils afin de leur donner de la crédibilité, et les ont utilisés pour diffuser des messages, des vidéos ou des mèmes sur des sujets de société comme le racisme, les armes à feu ou le féminisme.
Exploitant pleinement les outils marketing qui ont fait la fortune de Facebook, en particulier la publicité ciblée, les agents russes ont visé certaines catégories de la population : les démocrates proches de Bernie Sanders, les partisans du mouvement Black Lives Matter, certaines populations dans des Etats-clés pour l’élection ou les Afro-Américains. Le tout pour critiquer Hillary Clinton, décourager ses électeurs de se mobiliser et plus largement pour diviser la société américaine et en accentuer les clivages – un objectif historique des services de renseignement russes, sous l’URSS comme plus récemment.
Une menace toujours présente
La menace semble encore peser, quatre ans après, sur l’élection présidentielle, et n’est pas limitée à la Russie. En novembre 2019, les ministres américains de la justice de l’intérieur, ainsi que les chefs du renseignement et du FBI, entre autres, publient un communiqué dans lequel ils citent « la Russie, la Chine et l’Iran » ainsi que « d’autres acteurs étrangers malveillants ». Ces derniers, écrivent-ils, vont « tenter d’interférer dans le processus de vote ou d’influencer les perceptions des électeurs ». « Ces adversaires, poursuivent-ils, peuvent accomplir leurs objectifs à travers des campagnes sur les réseaux sociaux, des opérations de désinformation ou des cyberattaques. » Il y a quelques semaines, le directeur du FBI, Christopher Wray, avertissait que la Russie était, selon lui, « très active » pour « interférer » dans l’élection et avait pour objectif de « dénigrer Joe Biden ».
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