« Un référendum pour abolir les armes nucléaires et radioactives »

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« Aujourd’hui, 14 000 bombes atomiques pourraient anéantir plusieurs fois l’humanité. Avec ses quelque 300 bombes, la France pourrait faire à elle seule un milliard de morts. »
« Aujourd’hui, 14 000 bombes atomiques pourraient anéantir plusieurs fois l’humanité. Avec ses quelque 300 bombes, la France pourrait faire à elle seule un milliard de morts. » Roy Scott/Ikon Images / Photononstop

Tribune Il y a 60 ans, avec l’essai « Gerboise bleue », la France accédait au statut de puissance nucléaire. Aujourd’hui, 14 000 bombes atomiques pourraient anéantir plusieurs fois l’humanité. Avec ses quelque 300 bombes, la France pourrait faire à elle seule un milliard de morts. Cette capacité létale ne lui suffit pas : elle a prévu de consacrer d’ici 2025 37 milliards d’euros supplémentaires – 14,5 millions d’euros par jour – à moderniser ses armes. Le Président de la République vient de le confirmer dans son discours à l’Ecole de guerre.

A cet égard, rien ne bouge. Alors que, selon le Bulletin des Savants Atomistes, nous sommes à 100 secondes de l’Apocalypse, il est urgent de changer de politique.

Cette politique repose sur la croyance, toujours réaffirmée, en la dissuasion nucléaire. Or, celle-ci est un tissu de contradictions. On ne peut en effet défendre les valeurs de la République Française, dont la fraternité, et les droits de l’Homme, en menaçant de massacrer des peuples. On ne peut employer, pour défendre ses « intérêts vitaux », l’arme atomique contre un pays qui en a aussi et ne manquerait pas de répliquer : autant se suicider.

La dissuasion ou l’abolition ?

On ne peut prétendre néanmoins garantir sa sécurité par ces armes, mais les interdire aux autres pays. On ne peut leur interdire les armes de destruction massive biologiques et chimiques, mais se les autoriser si elles sont atomiques, et même s’autoriser leur emploi en premier ! On ne peut encourager ainsi leur prolifération, tout en prétendant la combattre. On ne peut les dire « seulement dissuasives, donc de non-emploi », puisque pour être dissuasif, il faut évidemment être prêt à s’en servir.

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On ne peut sacrifier les dépenses écologiques, sociales, éducatives, de santé, etc. au profit d’engins qui ne nous protègent ni des terroristes ni des autres États nucléaires, mais préparent l’apocalypse. À quoi bon, enfin, lutter contre le péril climatique, si c’est pour détruire la planète et la rendre invivable par l’atome ?

La menace nucléaire est absurde et criminelle. D’après la résolution de l’ONU du 24 novembre 1961, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation ». Et selon la Cour Internationale de Justice, « il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace » (Avis du 8 juillet 1996).

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