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La scène semble tout droit sortie d’un roman de science-fiction. Dimanche 8 mars, à midi, à l’heure de la traditionnelle bénédiction pontificale, la place Saint-Pierre de Rome était pratiquement déserte. Au même moment, c’est par un direct Facebook, depuis la bibliothèque du Palais apostolique du Vatican, que le chef de l’Eglise catholique avait choisi de s’exprimer, pour envoyer aux catholiques du monde entier son message dominical. Tout juste le pontife a-t-il fait une brève apparition à la fenêtre afin de saluer la foule clairsemée qui était tout de même venue assister à la bénédiction, sur écran géant.
Victime d’un rhume qui l’a contraint à alléger son emploi du temps, François a renoncé, pour la première fois de son pontificat, à ce rituel mis en place en 1954, sous le pontificat de Pie XII. En temps ordinaire, sa décision n’aurait sans doute relevé que de l’anecdote, mais elle a pris un sens tout autre dans l’après-midi, lorsque la conférence des évêques italienne, tirant les conséquences des recommandations du gouvernement, a annoncé la suspension immédiate des messes publiques dans le pays jusqu’au 3 avril. Tous les offices sont concernés, même les enterrements.
Des portes fermées pour toutes les églises de la capitale de la chrétienté ? Il y a quelques jours encore, cette hypothèse aurait semblé inimaginable. Mais depuis l’explosion de l’épidémie causée par le coronavirus, le 21 février, l’impensable, en Italie, est devenu la norme.
Importantes restrictions
Dimanche 8 mars, le bilan a bondi à 366 morts, soit 133 de plus que la veille. En l’espace d’un week-end, plus de 2 500 nouvelles personnes testées positives ont été répertoriées. Au total, 7 357 cas ont été comptabilisés depuis le début de l’épidémie, et parmi eux, 622 patients sont considérés comme guéris. Désormais, l’Italie est, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, le deuxième foyer le plus important de l’épidémie après la Chine. Et rien n’indique que la situation puisse se calmer dans les prochains jours.
Dans ce contexte, le gouvernement italien fait tout pour tenter de démontrer qu’il a encore la situation en main. Dans la nuit de samedi à dimanche, le président du conseil, Giuseppe Conte, a annoncé l’adoption d’un nouveau décret formulant des restrictions d’une ampleur inédite en Europe, qui visent l’ensemble de la région Lombardie, ainsi que quatorze provinces du nord du pays, situées en Emilie-Romagne, en Piémont et dans les Marches. A l’intérieur de cette zone rassemblant plusieurs centres vitaux pour l’économie italienne vivent 16,7 millions de personnes, soit plus du quart de la population.
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