« Un premier pas vers une vraie dette européenne »

0
74

[ad_1]

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 21 août 2020.

Pertes et profits. Ce n’est pas un succès, mais un plébiscite historique. Les marchés financiers ont accordé mardi 20 octobre leur bénédiction à l’émission de dettes par l’Union européenne. Dans le cadre de son programme de soutien au chômage partiel dans les pays membres, Bruxelles va émettre pour 17 milliards d’euros d’obligations sur le marché. La demande a été telle de la part des investisseurs qu’elle a atteint le chiffre record de 233 milliards. Du jamais-vu, et de très bon augure pour les émissions massives qui vont intervenir, dès l’an prochain, dans le cadre du plan de relance à 750 milliards d’euros lancé par la Commission. Un premier pas vers une vraie dette européenne.

Trois raisons expliquent cet engouement. D’abord, il s’agit d’une obligation à impact social, la première jamais émise par l’Union européenne (UE). Une catégorie encore rare, les « social bonds », activement recherchée par les fonds spécialisés dans la finance responsable et par tous les grands investisseurs à la recherche de produits sociaux et environnementaux. La deuxième raison est que la Banque centrale européenne sera toujours là pour racheter cette dette aux acheteurs privés, si nécessaire, ce qui constitue un sacré filet de sécurité pour les marchés.

Lire la tribune : Markus C. Kerber et Jean-Michel Naulot : « Les traités européens n’autorisent en aucun cas l’Union à s’endetter »

La troisième raison est plus prosaïque. Avec ce produit, les acheteurs ont trouvé ce qu’ils cherchent en ce moment : la qualité allemande au prix français. La dette à dix ans était proposée à un taux négatif de – 0,26 %, proche du taux français de – 0,30 % et loin des – 0,60 % allemands. L’UE comme l’Allemagne bénéficient d’une note triple par les agences de notation. La dette de l’Europe est considérée comme le placement le plus sûr possible. C’est un actif indispensable dans tout portefeuille d’investisseur, et l’offre d’obligations allemandes est insuffisante pour satisfaire la demande.

Bonne note

On touche ici à l’objectif recherché par les euro-obligations : permettre à l’Europe de profiter de la bonne note de certains pays pour emprunter peu cher et prêter à des pays en difficulté ayant plus de mal à se financer sur les marchés. Ce débat sur la mutualisation de la dette enflamme les esprits depuis dix ans, notamment après la crise grecque. Les pays dits « frugaux », comme les Pays Bas, la Finlande ou l’Allemagne, craignent régulièrement que leur image et leurs finances soient dégradées par ce genre de pratique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Avec la crise due au Covid-19, les banques européennes n’ont plus que le mariage en tête

Ce n’est plus trop le problème aujourd’hui, puisque même la Grèce emprunte à des taux proches de zéro. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Sitôt passée la crise sanitaire, la solidarité pourrait s’émousser. Et le capitalisme hors sol que nous expérimentons aujourd’hui, avec son argent gratuit et abondant, aura forcément une fin. Autant en profiter rapidement, donc, pour éviter la catastrophe.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: