un plan de relance à 25 et veto sur l’accord Brexit si nécessaire, selon Clément Beaune

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L’Union européenne mettra en œuvre son plan de relance à 25 si la Pologne et la Hongrie persistent à refuser de valider ce projet ainsi que le projet de budget pluriannuel, a prévenu dimanche 6 décembre le secrétaire d’Etat français chargé des affaires européennes, Clément Beaune, dans une interview au Journal du Dimanche.

« Le budget pluriannuel commence au 1er janvier. Si la Hongrie et la Pologne se refusent toujours à valider les choses en l’état, alors il faudra en venir à une solution plus radicale qui consiste à mettre en œuvre le plan de relance européen à 25 », a-t-il dit. « C’est juridiquement lourd mais possible. Notre position est claire : on ne sacrifiera ni la relance, ni l’état de droit. »

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Le 16 novembre dernier, la Hongrie et la Pologne ont opposé leur veto à l’adoption du projet de budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027 et du plan de relance, qui représentent ensemble 1 800 milliards d’euros, les instances européennes ayant rattaché l’accès aux fonds européens au respect de l’état de droit.

Si l’Union venait à avancer à 25 au lieu de 27, la Hongrie et la Pologne seraient lourdement pénalisées, a rappelé Clément Beaune.

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« Les Hongrois et les Polonais le savent. Cela vaut aussi d’ailleurs pour le financement des fonds de cohésion qui leur sont destinés. Ils pourraient être réduits ou ralentis tant que le budget pluriannuel ne sera pas voté. Ils y perdraient plusieurs milliards d’euros. Ce n’est pas une menace mais la conséquence directe de l’absence d’un nouveau budget s’ils maintiennent leur veto sur l’ensemble. »

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Brexit : veto contre l’accord si nécessaire

La France opposera son veto si un accord venait à être trouvé entre négociateurs européens et britanniques et qu’il s’avérait non conforme à ses intérêts, a ajouté Clément Beaune. « Dans ce test de souveraineté, l’Union européenne doit défendre les siens, ses intérêts et son modèle. Nous le ferons. S’il y a un accord, nous évaluerons le texte, l’analyserons », a dit le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. « Mais, si l’accord n’était pas bon et non conforme à nos intérêts, et notamment pour les pêcheurs, nous, la France, comme chaque Etat membre, nous pourrions y mettre notre veto. »

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La pêche, avec les règles d’une concurrence équitable, et le mécanisme de règlement des litiges, est un des principaux points de divergences qui empêchent les deux camps de parvenir à un accord à moins d’un mois de date butoir du 31 décembre.

« L’accès à 100 % aux quotas de pêche dans la zone maritime du Royaume Uni, on sait que c’est fini. Mais il faut un accès large et durable », a dit Clément Beaune. « Les Britanniques ne peuvent pas d’un côté vouloir l’accès à la totalité de notre marché unique européen, et de l’autre, exclure la pêche de cet ensemble. »

Selon le secrétaire d’Etat français, la position de Paris n’est pas isolée et l’Europe fait front commun dans ses exigences à l’égard de Londres et la France se sent soutenue par l’Allemagne et par sa dirigeante Angela Merkel. « Quant à la chancelière, elle souhaite un accord mais défend aussi notre niveau d’exigence et connaît suffisamment bien le marché européen pour deviner comment l’économie allemande pâtirait d’un mauvais accord. Bref, le pari britannique d’une division de l’Union a échoué. »

Le Monde avec Reuters

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