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Un missile syrien a pénétré en Israël jusqu’à proximité du réacteur nucléaire de Dimona, dans la nuit de mercredi à jeudi 22 avril. Ce tir, d’une gravité exceptionnelle, a été décrit par l’armée dans la presse israélienne comme une frappe involontaire : elle n’aurait pas visé délibérément le cœur du programme nucléaire israélien, dont le pays ne reconnaît pas officiellement l’existence.
Ce missile sol-air de modèle présumé SA-5, tiré par une batterie de défense, pourrait avoir visé un avion de Tsahal qui menait des frappes dans la nuit contre des cibles en Syrie. En le manquant, il aurait poursuivi sa course dans le désert du Negev, très loin dans le sud du pays, jusqu’à environ 300 kilomètres de Damas. Une sirène d’alerte a retenti à Abou Krinat, un village bédouin déshérité situé à quelques kilomètres de Dimona. L’armée n’a pas confirmé si son système de défense avait finalement intercepté le missile. Des explosions entendues jusqu’à Jérusalem et Modiin, dans le centre du pays, pouvaient être dues à cette tentative d’interception. Des débris ont été retrouvés à une quarantaine de kilomètres de Dimona et restent à identifier.
En réplique, l’armée israélienne dit avoir détruit la batterie syrienne responsable de ce tir, ainsi que d’autres à proximité. L’agence d’Etat syrienne Sana s’est, pour sa part, contentée d’indiquer que quatre soldats avaient été blessés dans une frappe près de Damas. Elle a affirmé que « la plupart des missiles ennemis » avaient été interceptés, précisant que ces derniers avaient été tirés depuis la partie syrienne du plateau du Golan, conquise par Israël en 1967, puis annexée.
Les suites de l’attaque de Natanz
Cet incident provoque cependant un malaise, puisqu’il intervient deux semaines après un nouveau sabotage sur le site nucléaire iranien de Natanz. Cette attaque avait été revendiquée bruyamment dans la presse par des officiels israéliens, sous couvert de l’anonymat, suscitant la crainte de représailles iraniennes. Téhéran, parrain du régime syrien, opère de façon largement autonome sur son territoire. Il s’efforce depuis des années d’y contrôler des batteries de missiles pointées vers Israël, provoquant en retour des frappes israéliennes régulières.
Samedi, le quotidien ultraconservateur iranien Kayhan avait publié une tribune, qui suggérait de répondre à l’attaque de Natanz en visant le réacteur de Dimona. Son auteur, Sadollah Zarei, professeur de sciences politiques à l’université Allameh Tabatabai à Téhéran, n’est pas une voix marginale dans l’appareil du pouvoir : certains de ses articles sont publiés sur le site Internet du Guide suprême, Ali Khamenei. Cependant, de tels appels ne sont pas rares dans la presse du régime. Et des missiles de défense syriens ont déjà, par le passé, erré dangereusement à travers la région, à la suite de frappes israéliennes.
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