un foyer de fraudes jusque dans l’ambassade parisienne ?

0
89

[ad_1]

Un homme arbore un t-shirt à l’effigie de Svetlana Tsikhanovskaïa (« Notre présidente »), principale opposante à Alexandre Loukachenko, devant le ministère de l’intérieur, à Minsk, le 19 août 2020.

C’est une question de délicatesse autant que de prudence. A quelques exceptions près, les régimes autoritaires qui truquent leurs élections respectent une forme de neutralité s’agissant du vote de leurs ressortissants à l’étranger, au moins dans les pays de tradition démocratique. C’est encore plus le cas quand les chiffres ont une incidence quasi nulle sur les résultats nationaux.

L’ambassade de Biélorussie en France n’aurait pas respecté cette règle tacite, à en croire un groupe de Biélorusses qui réclament que tous les documents relatifs au vote soient publiés. « On parle d’une si petite communauté que les choses sont très visibles, explique l’une des initiatrices, Anastasiya Danilova, qui travaille dans la finance à Paris. Ce qui est difficile à prouver à l’échelle d’un pays devient ici très vite évident. »

Lire aussi Biélorussie : immense marche de l’opposition à Minsk contre Loukachenko, qui refuse de céder

Les résultats en France sont moins nets qu’en Biélorussie, où Alexandre Loukachenko s’est attribué un score de 80,08 % qui laisse pantois les observateurs et a mis une part importante de son peuple dans la rue. Dans le bureau de vote du 38, boulevard Suchet, dans le 16e arrondissement de Paris, les jeux sont plus serrés. Alexandre Loukachenko récolte « seulement » 42,6 % des voix, contre 35,7 % à sa principale rivale, Svetlana Tsikhanovskaïa. Soit 230 voix à 193, sur un modeste total de 540 votants.

Un groupe d’opiniâtres

Pas ici de « mauvais » bulletins évacués par les fenêtres ou brûlés, comme on a pu le voir en Biélorussie. Le nombre de voix attribué à Tsikhanovskaïa ne paraît pas suspect, même si une centaine de personnes ont été empêchées de voter de façon artificielle, après avoir attendu des heures sur le trottoir. « Le vrai problème ce sont les voix de Loukachenko, explique Mme Danilova, elles viennent quasiment toutes d’électeurs fantômes. »

L’ambassade pensait se prémunir contre les gêneurs. Les habituels observateurs indépendants n’avaient pas été admis à l’intérieur du bureau de vote pour cause – entre autres motifs – de coronavirus. Cela n’a pas empêché un groupe d’opiniâtres de s’installer dans la rue, face à l’ambassade, et de… compter les votants durant toute la durée du vote, du 4 août au 9 août.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Vendredi matin, j’ai eu honte et j’ai fait défection » : entretien avec un ancien haut responsable du régime Loukachenko

Les premiers jours, aucun problème. Le 4 août, ils recensent six votants ; le 5 août, à nouveau six. Ces chiffres sont légèrement inférieurs au décompte que tiennent les membres du bureau de vote, à l’intérieur du bâtiment, mais rien de suspect : il peut s’agit du personnel de l’ambassade, qui vote « à domicile ». Le 8 août, en revanche, et à nouveau le 9, journée principale de scrutin, l’ambassade ne respecte pas son obligation de publier son décompte journalier des votants. Les observateurs, eux, comptent ces deux jours-là, respectivement, 23 et 160 votants.

Il vous reste 32.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: