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Le bateau français Calao est arrivé à Beyrouth, lundi 17 août, avec à son bord 1 000 tonnes d’aide humanitaire et des matériaux de construction pour soutenir l’aide d’urgence au Liban, deux semaines après une explosion ayant détruit une partie de la capitale.
L’imposant navire roulier marchand Calao, affrété par l’armée française, a apporté de la farine, du blé, des médicaments, ainsi que du verre, des bulldozers et des tractopelles pour aider aux travaux de déblaiement. Cette aide s’ajoute à celle qui est arrivée vendredi dernier à bord du porte-hélicoptères français Le Tonnerre et sera « directement distribuée à des organisations non gouvernementales [ONG] libanaises soigneusement choisies », a fait savoir devant la presse une responsable de l’ambassade de France au Liban, précisant toutefois que l’opération s’effectuait en coopération avec l’armée libanaise.
La déflagration a été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées, selon les autorités, 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis des années. Le bilan humain, encore provisoire, est de 177 morts et de 6 500 blessés.
« Nous sommes au bord du gouffre »
Depuis le 4 août, les nombreuses victimes sont admises à grand-peine dans les hôpitaux, privés ou publics, déjà saturés par les malades du Covid-19. « Nous sommes au bord du gouffre, nous n’avons pas le luxe de prendre notre temps », a assuré, lundi, le ministre démissionnaire de la santé, Hamad Hassan. Ce dernier a précisé que quatre hôpitaux de la capitale qui accueillaient des cas de Covid-19 avaient été mis « hors service » par l’explosion, aggravant la crise sanitaire et mettant en difficulté les services d’urgence.
La situation chaotique à la suite de l’explosion rend difficile l’instauration d’un confinement ou le respect des mesures de précaution, a averti M. Hassan. « Notre capacité à contrôler les comportements face au virus est plus limitée », a-t-il reconnu, citant notamment « les déplacements des familles dans les hôpitaux pour chercher des blessés ou des disparus » et la mobilisation dans la rue, où des dizaines de volontaires déblaient quotidiennement les décombres.
Le gouvernement avait décrété un reconfinement provisoire, annulé après l’explosion. Le pays connaît une hausse des infections au nouveau coronavirus et a enregistré, dimanche, un record de contaminations avec 439 nouveaux malades, portant le nombre de cas de Covid-19 à 8 881 depuis le début de l’épidémie au Liban fin février, dont 103 décès.
« La situation pourrait devenir hors de contrôle »
La fragilité du pays se répercute aussi sur les conditions sanitaires dans les camps de réfugiés du pays – les autorités libanaises disent compter 1,5 million de réfugiés pour 5,9 millions d’habitants. Quatre réfugiés palestiniens au Liban sont morts du Covid-19 entre dimanche et lundi, a rapporté dimanche l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).
« Si les mesures de prévention ne sont pas respectées, la situation pourrait devenir hors de contrôle dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban », a ajouté l’UNRWA, qui s’inquiète d’un pic de l’épidémie dans les camps surpeuplés.
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