un crime qui change la donne politique

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L’incompétence de la police lors du meurtre de la jeune Alexandra, le 24 juillet, continue de susciter les protestations de milliers de manifestants tous les week-ends. Le népotisme et la corruption ont atteint leur apogée depuis l’arrivée au pouvoir du Parti social-démocrate (PSD) en décembre 2016.

Par Publié aujourd’hui à 06h00

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Viorica Dancila, la première ministre social-démocrate, a décidé de jouer les dames de fer et a révoqué d’un seul coup les chefs des polices locale et nationale, le directeur du service des télécommunications qui gère les appels d’urgence, ainsi que les ministres de l’Intérieur et de l’Enseignement.
Viorica Dancila, la première ministre social-démocrate, a décidé de jouer les dames de fer et a révoqué d’un seul coup les chefs des polices locale et nationale, le directeur du service des télécommunications qui gère les appels d’urgence, ainsi que les ministres de l’Intérieur et de l’Enseignement. Jean-Francois Badias / AP

Analyse. Il y a des meurtres qui sont des faits divers, il y en a d’autres qui changent la donne politique d’un pays. Le meurtre de la jeune Alexandra, kidnappée, violée et tuée en Roumanie le 25 juillet, fait partie de ces derniers. Depuis, des milliers de Roumains se rassemblent tous les week-ends devant le ministère de l’Intérieur, une bougie à la main. Ils protestent contre l’incompétence des autorités qui n’ont pas su empêcher ce meurtre, et ils demandent la démission du gouvernement. « Nous n’avons jamais eu autant d’idiots au pouvoir, a déclaré Tudor Comsa, un manifestant de Bucarest. Le népotisme, l’incompétence et la corruption mènent au crime. Le gouvernement doit partir, il n’a rien à voir avec l’Europe et avec la vie qu’on veut avoir en Roumanie. »

Petit rappel des faits. Mercredi 24 juillet, 9 h 30, à Dobrosloveni, village situé dans le sud de la Roumanie. Alexandra, 15 ans, fait de l’auto-stop pour se rendre dans la ville de Caracal, située à huit kilomètres de chez elle. Un voyage dont elle ne reviendra pas. Gheorghe Dinca, un mécanicien de 65 ans, lui propose de monter dans sa voiture. Quelques minutes plus tard, il arrête son véhicule dans un champ, frappe la jeune fille, la ligote et l’emmène chez lui, où il la viole à plusieurs reprises. Quelques heures plus tard, ses parents déposent une plainte à la police pour disparition de mineure. Mais la police ne réagit pas. Le jeudi matin 25 juillet, Alexandra profite d’un moment d’inattention de son bourreau, récupère son portable et appelle le numéro d’urgence 112. Trois fois. Elle raconte son histoire aux policiers, qui ne semblent pas pressés d’agir. « Il arrive, il arrive », s’écrie-t-elle avant que la communication s’interrompe.

Pendant que les policiers attendaient, Gheorghe Dinca était en train de découper le corps d’Alexandra, mettait ses os dans de l’acide et brûlait sa chair afin d’effacer les traces de son crime

La police locale décide d’envoyer une équipe, qui localise l’endroit décrit par la jeune fille après avoir tourné en rond une journée entière. Et c’est là que la folie administrative entre en jeu. Garés à proximité de la maison du tueur, les policiers attendent l’ordre d’intervenir, mais le feu vert des responsables n’arrive que le lendemain matin. Pendant que les policiers attendaient, Gheorghe Dinca était en train de découper le corps d’Alexandra, mettait ses os dans de l’acide et brûlait sa chair afin d’effacer les traces de son crime. Il savait y faire car il avait kidnappé une autre jeune fille en avril, l’avait séquestrée et violée chez lui pendant trois mois avant de s’en débarrasser de la même façon.

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