un coup d’Etat « inévitable » selon l’armée, réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU

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Au lendemain du coup d’Etat militaire orchestré lundi en Birmanie, le chef de l’armée, le général Min Aung Hlaing, qui concentre désormais l’essentiel des pouvoirs, a déclaré mardi 2 février que « cette issue était inévitable pour le pays et c’est pourquoi nous avons dû la choisir », selon la page Facebook officielle de l’armée.

A l’initiative du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence mardi à huis clos, en vidéoconférence, pour examiner les suites du coup d’Etat militaire et adopter, si la Chine l’accepte, une déclaration commune réclamant un retour des civils au pouvoir. L’adoption d’un projet de déclaration rédigé par Londres et négocié depuis lundi, selon des diplomates, passe par un accord de Pékin, premier soutien de la Birmanie et détenteur d’un droit de veto au Conseil de sécurité.

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« Profonde inquiétude »

Selon le projet de texte obtenu par l’Agence France-Presse, où il n’est pas fait mention de sanctions, le Conseil exprimerait sa « profonde inquiétude », condamnerait « le coup d’Etat militaire » et demanderait une « libération immédiate » des personnes détenues illégalement. Le Conseil réclamerait aussi la levée de l’état d’urgence proclamé pour un an. Avant le début des négociations, la Chine avait exigé et obtenu que la réunion du Conseil de sécurité ne soit pas publique, selon un diplomate sous couvert d’anonymat.

Lors de la crise des Rohingya, victimes à partir de 2017 d’un « génocide » selon l’ONU, Pékin avait contrecarré toute initiative au Conseil de sécurité, empêchant des déclarations communes et même des réunions, estimant que le conflit avec la minorité musulmane relevait des seules affaires intérieures birmanes. Lundi, le ministère des affaires étrangères chinois a réagi au coup d’Etat en appelant les Birmans à « régler leurs différends dans le cadre de la Constitution et des lois », rejoignant une position exprimée par l’ONU. Mardi, le même ministère a cependant demandé d’« éviter d’intensifier le conflit et de compliquer davantage la situation ».

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Réduction de l’aide américaine

« Le plus important est que le Conseil de sécurité réponde au coup d’Etat et fasse de son mieux pour essayer d’obtenir la libération de ceux qui ont été détenus et pour aider la Birmanie à reprendre le chemin de la démocratie », avait déclaré lundi l’ambassadrice britannique à l’ONU, Barbara Woodward, dont le pays est en février président en exercice de l’instance suprême onusienne.

Les Etats-Unis considèrent officiellement que l’armée birmane a perpétré un « coup d’Etat » contre le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, ce qui va déclencher une réduction de l’aide américaine, a annoncé mardi une responsable du département d’Etat américain.

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Le Monde avec AFP

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