Un an après sa mort, les Chinois se souviennent du médecin lanceur d’alerte Li Wenliang

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Des habitants déposent des fleurs devant l’hôpital de Wuhan (Chine) pour rendre hommage au docteur Li Wenliang, le 6 février.

Un an après, l’émotion n’est pas la même, mais les Chinois n’ont pas oublié Li Wenliang, cet ophtalmologue de l’hôpital central de Wuhan, arrêté pour avoir averti sur la dangerosité du SARS-Cov-2, et mort des suites de la maladie dans la nuit du 6 au 7 février 2020. Sur les réseaux sociaux, quelques milliers de commentaires ont été postés ce week-end – ceux qui ont survécu à la censure du moins. Mais alors que sa mort, en pleine explosion de l’épidémie à Wuhan, avait suscité la colère des internautes, suscitant des flots de commentaires tristes, frustrés, ou franchement rebelles, son souvenir un an après n’a pas la même intensité. Car entre-temps, alors que la pandémie déferlait sur le monde entier, la Chine est parvenue à la mettre son contrôle efficacement, grâce à des mesures strictes qui ont redoré le blason du système autoritaire imposé par le Parti communiste.

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En ligne, les internautes continuent de publier des messages, notamment sur le compte du docteur, une pratique courante avec les célébrités défuntes en Chine. « Aujourd’hui, j’ai reçu ma deuxième injection du vaccin. Ça fait un peu mal. Vous nous manquez », écrit un anonyme. « Il a contredit la version officielle qui affirmait que le virus ne pouvait pas se transmettre entre humains. Il a sonné l’alarme, permettant à tous, à travers le pays, de se préparer à combattre l’épidémie. En ce jour anniversaire, le peuple se souvient de vous », écrit un autre. Samedi, certains ont déposé des bouquets de chrysanthèmes devant l’Hôpital central – mais des agents leur ont ordonné de les placer dans un petit jardin derrière le bâtiment, rapporte l’agence Associated Press.

Pas question d’en faire trop car Li Wenliang est devenu un symbole. Comme le rappellent certains, agacés par l’ampleur du mouvement qui avait suivi sa mort, le docteur Li n’avait fait que partager un document dans un groupe privé de médecins, sur l’application Wechat. Il n’avait pas cherché à informer le grand public. Mais c’est la modestie de ce geste, qui a participé à la vague d’empathie pour ce jeune papa, qui n’aura pas vu naître son second enfant : comme lui, beaucoup de gens en Chine savent pousser les lignes, sans aller trop loin. Li Wenliang avait été convoqué au commissariat avec sept autres médecins, et forcé à signer un document reconnaissant qu’il avait diffusé des rumeurs. Pendant les trois semaines qui ont suivi sa convocation, les autorités chinoises continuaient d’affirmer que le virus n’était pas contagieux, tandis que les hôpitaux de Wuhan voyaient affluer les malades.

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