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Le président américain n’en a rien su. Alors qu’il entamait, lundi 24 février, une visite de deux jours en Inde, reçu avec faste et pompe par le premier ministre Narendra Modi, des heurts intercommunautaires extrêmement violents ont embrasé New Delhi. Ils marquent sans doute une nouvelle étape dans la protestation contre la loi sur la citoyenneté qui dure depuis deux mois. Cinq personnes ont été tuées.
Les caméras de télévisions étaient braquées à 800 kilomètres de la capitale, dans le Gujarat, l’ancien fief électoral de Narendra Modi. Les chaînes avaient lancé leur direct bien avant l’atterrissage de l’Air Force One à l’aéroport d’Ahmedabad, peu avant midi. Le chef du gouvernement indien lui a réservé un accueil triomphal. Des photos et panneaux géants des deux chefs d’Etat, des milliers de fleurs, des danseurs, des dromadaires, avaient été postés le long du parcours de Donald Trump et son épouse Melania.
Le couple s’est d’abord rendu dans l’ashram de Sabarmati où Gandhi vécut de 1917 à 1930, le temps de poser devant le rouet du Mahatma, puis de rejoindre le stade Motera, le plus grand stade de cricket au monde, où 100 000 spectateurs portant des masques à son effigie où des chapeaux barrés du slogan « namaste Trump », « bonjour Trump » attendaient sous une chaleur accablante depuis plusieurs heures. MM. Trump et Modi ont fait assaut d’embrassades et d’éloges.
Pas un mot sur les tensions ni sur la situation au Cachemire
Le président américain, dans un discours d’une demi-heure, a glorifié l’Inde et enjolivé son histoire. « Il y a dans le monde une différence entre une nation qui cherche le pouvoir par la coercition, l’intimidation et l’agression, a-t-il déclaré sans citer la Chine, et une nation qui s’élève en libérant son peuple pour qu’il poursuive ses rêves. C’est cela l’Inde. »
Pour le milliardaire, le sous-continent « est un pays qui embrasse fièrement la liberté, les droits individuels, l’état de droit et la dignité de chaque être humain ». « Votre nation a toujours été admirée comme le lieu où des milliers et des milliers d’Hindous, musulmans, Sikhs, jains, bouddhistes, chrétiens, juifs pratiquent leur culte côte à côte en harmonie », a-t-il assuré, faisant fi des affrontements sanglants entre musulmans et hindous qui avaient suivi la partition en 1947 – entre un et deux millions de morts – et des difficultés des minorités.
Musulmans et chrétiens sont la cible régulière des nationalistes hindous (80 % de la population) depuis des années. Les violences contre les Sikhs ont également été meurtrières. Après l’assassinat d’Indira Gandhi le 31 octobre 1984 par ses gardes sikhs, 8 000 membres de cette communauté avaient été tués en représailles dans le nord du pays et 3 000 à New Delhi.
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