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Le calendrier de la succession d’Angela Merkel se précise. Cinq jours après que le président allemand Frank-Walter Steinmeier a fixé au 26 septembre 2021 les prochaines élections législatives, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière, a rendu publique, lundi 14 décembre, la date de son prochain congrès : après avoir été reporté à deux reprises cette année en raison de l’épidémie de Covid-19, celui-ci se tiendra les 15 et 16 janvier 2021, avec pour principal ordre du jour l’élection à la tête du parti du successeur d’Annegret Kramp-Karrenbauer (« AKK »), autrement dit du potentiel candidat des conservateurs à la chancellerie.
A un mois de l’échéance, les trois prétendants se sont retrouvés, lundi soir, pour un premier débat retransmis en direct à la télévision. Demeurés très courtois de bout en bout, leurs échanges ont d’abord rappelé une évidence : après avoir été incarnée pendant vingt ans par une protestante sans enfant et ayant grandi en Allemagne de l’Est, la CDU s’apprête à élire à sa tête un père de famille catholique et originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui est le cas des trois candidats en lice, Armin Laschet, Friedrich Merz et Norbert Röttgen.
Positionnements différents, stratégies distinctes
Ce pedigree commun ne doit toutefois pas tromper. Car les trois hommes, par leur tempérament, leur positionnement politique et leur relation à Angela Merkel – dont le nom n’a pas été cité une seule fois pendant le débat – sont en réalité beaucoup plus différents qu’il n’y paraît. Leurs plans de bataille, eux non plus, ne se ressemblent guère. Disposant chacun de forces incontestables et de faiblesses indéniables, tous les trois ont en tête des stratégies bien distinctes pour conquérir la présidence de la CDU.
Armin Laschet, d’abord. Elu, en 2017, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé d’Allemagne, cet homme de 59 ans tout en rondeur et au sourire facile joue la carte du rassemblement et de la continuité. Fidèle de Mme Merkel, dont il a toujours défendu la ligne centriste et pragmatique, il n’a pas manqué de rappeler, lundi soir, qu’il avait choisi de constituer un « ticket » avec Jens Spahn, l’actuel ministre fédéral de la santé, de dix-neuf ans son cadet et apprécié de l’aile droite de la CDU depuis qu’il s’est opposé, en 2015, à la politique de la chancelière en faveur des réfugiés. « Avec Jens Spahn, nous n’avons pas toujours été du même avis, mais c’est le propre de la CDU d’être un parti populaire [Volkspartei] où cohabitent des sensibilités différentes », a déclaré Armin Laschet, vantant ses qualités de « chef d’équipe ».
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