[Tribune] Ce que les affaires Sami Fehri et Nabil Karoui disent du système judiciaire en Tunisie – Jeune Afrique

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Nabil Karoui, à sa sortie de Tunis, le 23 janvier 2012.

Nabil Karoui, à sa sortie de Tunis, le 23 janvier 2012. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Alors que le juge devrait être le protecteur des libertés, sous le poids d’un demi-siècle de régime autoritaire en Tunisie, il s’est mué en garant de l’ordre, soucieux d’appliquer la loi avec rigidité.


Comment faut-il interpréter les décisions de la Cour de cassation ? La question, d’apparence banale pour tout juriste, agite le milieu judiciaire tunisien depuis le 29 janvier. Ce jour-là, la Cour de cassation a annulé le mandat de dépôt émis à l’encontre de Sami Fehri, homme de média qui gère la chaîne de télévision Elhiwar Ettounsi, et a laissé à la chambre de mise en accusation le soin de statuer sur la suite à donner à l’instruction, l’affaire en étant encore à ce stade.

Alors que les observateurs s’attendaient à une libération du détenu, en application de la décision de la Cour de cassation, la chambre de mise en accusation, réunie en urgence, a émis un nouveau mandat de dépôt à l’encontre de Fehri. Stupéfaction des connaisseurs du droit : l’extrême réactivité des magistrats en a étonné plus d’un, de même que leur décision d’appliquer partiellement l’arrêt de la Cour. Si le



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JeuneAfrique

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