« Tout ce que je demande, c’est de rentrer » – Jeune Afrique

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Le sort de treize étudiants sénégalais actuellement confinés à Wuhan, épicentre de l’épidémie de coronavirus, inquiète beaucoup leurs familles et proches. Alors que les autorités sénégalaises affirment ne pas être en capacité de rapatrier leurs ressortissants actuellement bloqués en Chine, l’un d’entre eux raconte sa vie de reclus et ses espoirs de retour.


Voilà quatre jours que Moussa* est calfeutré dans sa chambre d’étudiant, sur le campus de l’Université de technologie de Wuhan, où il étudie l’informatique depuis septembre 2019. Comme ses douze autres camarades sénégalais – trois filles et neuf garçons – il vit reclus, selon les règles mise en place dans la métropole chinoise, placée sous quarantaine depuis le 23 janvier. La capitale de la province de Hubei, où les étudiants sont légions, est l’épicentre de l’épidémie de coronavirus, dont le nombre de cas explose en Chine, avec à ce jour plus de 28 000 contamination et 563 morts.

Les instants de liberté de l’étudiant de 25 ans se résument à quelques instants passés sur son balcon, au deuxième étage du dortoir, où il sort, masque noir sur la bouche, pour se faire à manger, « afin d’éviter les cuisines publiques de l’établissement ». « Aussi peu souvent que possible », il se rend également dans les rares supermarchés de la ville encore ouverts, à 20 minutes à pieds du campus, « pour faire des provisions ».

Empêché de rentrer par ses propres moyens depuis la mise en quarantaine, assortie l’arrêt de tous les moyens de transports, la seule chance de Moussa de rentrer au Sénégal est un rapatriement organisé par l’État. Alors lorsque Macky Sall a déclaré ce lundi que le Sénégal n’avait « pas les moyens de rapatrier ses compatriotes », Moussa et ses camarades n’ont « pas compris ».

Tuant le temps devant des films d’action et des retransmissions de matchs de foot, il espère quitter « aussi vite que possible » cette province cadenassée où « il a tout le temps peur de tomber malade » et pourvoir rentrer chez lui, à Dakar, le plus tôt possible.

Jeune Afrique : Depuis quand n’avez-vous pas quitté votre chambre ?

Moussa : Cela va bientôt faire deux semaines que je suis calfeutré, étant donné qu’on nous a vivement conseillé de ne pas sortir et de ne pas être en contact avec les autres étudiants, où avec les gens de la ville.

La dernière fois que je suis sorti, c’était il y a quatre jours, pour aller acheter de la nourriture. Je n’ai plus aucune liberté. Au début, je continuais à réviser, mais là, je n’ai plus trop la tête aux études. Je me change les idées avec des films d’action, et des matchs de foot. On reste enfermé, on ne voit personne. La vie devient un peu virtuelle.



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JeuneAfrique

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