Torture, mauvais traitements, viols… l’ONU dénonce la répression des manifestations au Chili

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Lors d’une manifestation contre le gouvernement chilien, à Santiago jeudi 12 décembre.
Lors d’une manifestation contre le gouvernement chilien, à Santiago jeudi 12 décembre. PABLO SANHUEZA / REUTERS

Des exemples de torture, de mauvais traitements, de viols perpétrés par des carabiniers contre des détenus, dont beaucoup auraient été emprisonnés de manière arbitraire. Le Haut-Commissariat de l’Organisation des Nations unies (ONU) aux droits de l’homme a rendu vendredi 13 décembre un rapport accablant contre la répression des manifestations au Chili, dénonçant de « multiples violations des droits humains » par la police.

Ce rapport a été élaboré par des experts du Haut-Commissariat, qui se sont rendus au Chili du 30 octobre au 22 novembre, alors que le pays est secoué depuis le 18 octobre par un mouvement de contestation sociale, le plus important depuis le retour de la démocratie en 1990.

« La gestion des manifestations par les policiers s’est déroulée d’une manière fondamentalement répressive », a déclaré la chef de la mission, Imma Guerras-Delgado, lors de la présentation à Genève du rapport. Celui-ci explique que, sur la base des informations recueillies auprès d’une grande variété de sources, « les policiers n’ont, à plusieurs reprises, fait aucune distinction entre manifestants pacifiques et manifestants violents ».

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Torture et violences sexuelles

Pendant sa mission, l’équipe du Haut-Commissariat a pu documenter 113 cas de torture et mauvais traitements, et 24 cas de violences sexuelles sur des femmes, des hommes et des jeunes filles, commis par des membres de la police et des militaires. « La police a une responsabilité dans la commission de violations des droits humains. En ce qui concerne les responsabilités individuelles au sein de la police, nous ne pouvons pas faire de conclusion. Elles devront être établies au niveau national », a relevé Mme Guerras-Delgado.

Lire l’entretien : « Au Chili, beaucoup de personnes ont été blessées de manière irréparable »

Selon les informations officielles citées dans le rapport, plus de 28 000 personnes ont été détenues entre le 18 octobre et le 6 décembre, et la plupart d’entre elles ont été libérées. Le Haut-Commissariat a par ailleurs pu vérifier les informations concernant 11 des 26 décès sur lesquels les autorités chiliennes enquêtent. Quatre de ces cas constituent « une privation arbitraire de la vie et des décès illégaux impliquant des agents de l’Etat ».

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