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Avec une féminisation qui atteindra 30 % en fin d’année, le réseau des ambassadeurs reste loin de la parité. Et un plafond de verre demeure pour les postes les plus sensibles.
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L’objectif était de montrer la féminisation croissante du Quai d’Orsay, qui est bien réelle même si un plafond de verre demeure pour les postes les plus sensibles. Le conseil des ministres du 3 juillet a entériné la nomination à la tête de deux des onze directions d’administration centrale de deux diplomates expérimentées : l’ancienne ambassadrice à l’OTAN Hélène Duchêne à la direction générale de l’administration et l’ex-consule générale à Québec Laurence Haguenauer à celle des Français de l’étranger.
Ce sont deux importantes directions du ministère, impliquant de lourdes responsabilités. La nomination d’Hélène Duchêne, qui était aussi en lice pour la direction générale des affaires politiques, libère la voie pour ce poste à Philippe Errera, lui aussi ancien ambassadeur à l’OTAN, qui avait été directeur des affaires stratégiques au ministère de la défense aux côtés de Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui chef de la diplomatie.
La direction des affaires politiques est la plus prestigieuse des directions d’administration centrale du Quai. Jamais, sinon pendant un intérim de quatre mois, une femme n’a occupé ce poste où s’élabore, avec le ministre et en liaison avec l’Elysée, la diplomatie tricolore sur les dossiers les plus sensibles. « Le contraste est saisissant entre un Emmanuel Macron qui, à Bruxelles, réussit à imposer la parité pour les plus prestigieuses nominations européennes, et sa prudence à Paris face aux divers groupes de pression au sein du ministère », déplore une jeune diplomate. Certes jusqu’ici 40 % de femmes ont été nommées dans le cadre du grand mouvement diplomatique en voie d’achèvement pour remplacer les directeurs et les directrices, ainsi que les titulaires arrivés au terme de leurs missions, 64 postes au total, soit plus du tiers des 162 ambassades et représentations diplomatiques françaises.
Philippe Besson toujours en course
Aucune femme n’a jamais occupé un des postes au cœur du réacteur du Quai, tels que le secrétariat général, la direction du cabinet du ministre ou celle de la cellule diplomatique de l’Elysée. Les femmes ambassadrices n’en sont pas moins toujours plus nombreuses, suscitant une certaine jalousie de leurs collègues masculins en attente de poste. Il y aura, à la fin de l’année, 30 % de femmes ambassadrices, contre 14 % en 2012. Dans les capitales européennes, elles sont désormais 40 %, avec notamment Catherine Colonna qui s’installe à Londres, Florence Mangin à Lisbonne et Anne-Marie Descôtes, toujours en poste à Berlin. Elles sont aussi nombreuses dans les nouvelles nominations de représentants permanents dans les organisations internationales, dont Muriel Domenach à l’OTAN et Véronique Roger-Lacan à l’Unesco.
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