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Trois élus la capitale tchèque, dont le maire, ont été placés ces dernières semaines sous protection policière, sur fonds de menaces russes. « Cela a démarré à Pâques, j’ai reçu des informations substantielles de la police, explique au Monde le maire Zdenek Hrib. Je n’ai pas le droit de les commenter, mais je vous assure que la police ne met pas les gens sous protection pour rien. » Cet élu du Parti pirate refuse toutefois de confirmer si ces menaces sont une conséquence de sa décision de renommer la place sur laquelle est située l’ambassade russe du nom de Boris Nemtsov, l’opposant au Kremlin assassiné en février 2015.
La Russie et la République tchèque traversent une situation diplomatique tendue depuis que les autorités de la capitale tchèque ont, en plus de renommer la place de l’ambassade, déboulonné début avril une statue du maréchal de l’Armée rouge Ivan Koniev, dans le sixième arrondissement. Libérateur de Prague en 1945, celui-ci est aussi responsable de la répression de l’insurrection de Budapest en 1956. Derrière cette décision, qui a déclenché la colère de Moscou, Ondrej Kolar, maire conservateur de ce quartier bourgeois, a aussi été placé sous protection policière.
« Il y a un Russe qui a reçu pour mission de me liquider. Pas seulement moi, mais aussi M. Hrib et [Pavel] Novotny », a-t-il affirmé à la télévision tchèque le 28 avril. Maire d’un quartier périphérique de la capitale, M. Novotny a, lui, l’intention d’ériger un monument en l’honneur de l’Armée de Vlasov, une formation russe qui a combattu au côté des nazis mais soutenu, dans les derniers jours de la guerre, l’insurrection de Prague. Ces gestes symboliques irritent Moscou, particulièrement virulent sur les sujets mémoriels. Une enquête a même été ouverte en Russie pour « profanation publique des symboles de la gloire militaire russe », suite au déboulonnage de la statue du Maréchal Koniev.
Réactions goguenardes au Kremlin
Dans son édition du 26 avril, l’hebdomadaire Respekt va plus loin et affirme que les services de renseignement tchèques ont noté, « il y a trois semaines », l’arrivée à l’aéroport de Prague d’un agent russe « avec une mallette dans laquelle il était censé avoir de la ricine », un poison mortel. Cet agent aurait été accueilli par une voiture de l’ambassade russe et identifié immédiatement « comme un risque pour les élus de Prague ». Aucun responsable gouvernemental tchèque n’a confirmé cette hypothèse. M. Kolar affirme, de son côté, qu’il ne peut plus commenter la situation car il a « signé un accord de confidentialité » avec la police.
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