« Sur le conflit israélo-palestinien, la voix de la France s’est éteinte »

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Tribune. Dès l’annonce, mardi 28 janvier, par Donald Trump de son plan de paix sur le conflit israélo-palestinien, qu’il qualifie d’« accord du siècle », le Quai d’Orsay s’est empressé de publier un communiqué saluant les efforts du président américain en faveur d’une solution à deux Etats, qui soit en conformité avec le droit international et les paramètres internationalement reconnus. Cette prise de position française précipitée, alors que le ministère des affaires étrangères reconnaît devoir examiner avec attention le plan qui ne lui a pas été transmis préalablement, est surprenante à plusieurs titres. Tout indique, en prenant connaissance des éléments essentiels de l’initiative américaine, que le droit international est proprement bafoué par Israël avec le soutien déterminé des Etats-Unis depuis l’élection de M. Trump.

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Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies n’ont empêché ni l’annexion par l’Etat hébreu de Jérusalem-Est et les Etats-Unis d’y installer leur ambassade, ni l’extension de la colonisation en Cisjordanie (435 000 colons dans 130 colonies). La plus récente résolution de l’ONU, remontant à 2016, à laquelle l’administration Obama s’était associée, condamnait clairement la poursuite de la colonisation, « en violation flagrante du droit international ». La France et l’Union européenne ont multiplié, sans réelle conviction, les déclarations se prononçant pour un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.

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Depuis son élection, Emmanuel Macron est resté discret sur cette question, pourtant au cœur de l’action diplomatique de la France depuis des décennies, et s’est contenté de reprendre la doxa européenne. L’impression domine, depuis les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, que la diplomatie française est dénuée de vision stratégique globale sur les différentes crises du Proche-Orient, qui s’additionnent et se nourrissent les unes les autres. Isoler le foyer de tensions en Palestine, alors que sa charge symbolique pèse sur les autres crises régionales, est une erreur de perspective. Face à des situations tragiques de ces dernières années, notamment à Gaza, la diplomatie émotionnelle, et donc du temps court, l’a emporté sur la diplomatie de l’anticipation et du temps long.

Alignement français sur l’Amérique

De récents sondages révèlent que les Palestiniens dans leur majorité ne croient plus à la création de leur Etat et donnent la préférence à un Etat unique, dans lequel ils espèrent bénéficier des mêmes droits que la population israélienne. Mais, dans le même temps, ils redoutent de devoir subir une situation d’apartheid (le mot n’est plus tabou en Israël même). Déjà, la loi Etat-nation du peuple juif, adoptée par la Knesset en juillet 2018, officialise la discrimination envers les Arabes israéliens.

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