[Sport] Mobilisation virtuelle pour sauver la filière sport à la Réunion

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Sur la toile, l’organisation de l’événement intitulé “manifestation pour sauver la filière sport à la Réunion” avait suscité un réel engouement. Dans la réalité, des 300 sympathisants virtuels attendus, seulement une trentaine avaient fait le déplacement sur la plage de Trou d’Eau hier. “Quand il s’agit d’enlever le doigt de sa souris pour passer à l’action, il n’y a plus grand monde, regrette François Pierré, président du Club Triathlon et organisateur de la manifestation. Je suis un peu désespéré par ce comportement. Nous voulions fédérer la filière sport qui est en train de péricliter mais force est de constater que les gens ne se sentent concernés que lorsque cela les touche directement”.
Arrivé sur les coups de 8h, le petit contingent de sportifs, où ne figurait aucun dirigeant, a échangé pendant plus d’une heure autour des problématiques qui affectent le sport réunionnais depuis la crise du Covid-19. A ce titre, la plage de Trou d’Eau n’avait pas seulement été choisie pour la beauté du cadre mais également pour sa portée symbolique. “D’un côté, il y a la voie publique à laquelle nous n’avons plus accès à cause de la crise Covid, et de l’autre l’océan qui nous est interdit depuis la crise requin, souligne François Pierré. C’est la représentation des restrictions auxquels nous sommes soumis, et qui risque d’impacter durablement la filière sport à la Réunion”. Les dernières mesures gouvernementales et notamment le décret n°2020-1262 qui interdit l’organisation de manifestations sur la voie publique depuis le 16 octobre dernier continue de nourrir la grogne au sein du mouvement sportif.

 

 

“Se protéger elle-même”

Mais au-delà du décret en lui-même, c’est surtout sa stricte application qui est pointée du doigt alors la préfecture dispose de l’autorité nécessaire pour adapter les décrets à la particularité de la situation sanitaire réunionnaise. “Il y a un refus catégorique de la préfecture d’adapter les textes parisiens aux problématiques réunionnaises, fustige le président du Club Triathlon. La préfecture dit que c’est pour nous protéger, mais c’est plutôt pour se protéger elle-même qu’elle choisit de ne pas se positionner par rapport aux annonces gouvernementales”.
Pour le dirigeant, l’annulation du Tour de l’île cycliste et du Tour Auto, au même titre que l’annulation de sa propre épreuve à savoir le Mur, relève d’une profonde incohérence au regard des latitudes qui sont observées dans d’autres secteurs. “On peut donc s’entasser dans les centres commerciaux, aller en pique-nique à 40 ou sur la plage sans difficultés, expose-t-il. Cependant, on ne peut pas organiser de compétitions qui respectent des protocoles drastiques. Pour le Mur par exemple, nous avions exigé un test PCR 72 heures avant, le public était interdit tandis que les concurrents s’élançait un par un toute les minutes pour le contre-la-montre. On ne conteste pas la gravité de la crise sanitaire, on ne considère pas non plus que le sport soit plus important que le reste mais il faut faire preuve de cohérence car on est en train de tuer à petit feu notre filière”. Au vu de la faible mobilisation du mouvement sportif hier, pas sûr que ces inquiétudes soient entendues.

 

C.M

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clicanoo

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