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Annoncée vendredi, après la mise en place de l’état d’urgence sanitaire, l’interdiction des manifestations sportives sur la voie publique a pris effet, hier. Le Tour Auto et le Tour de l’île cycliste en font les frais.
Incrédules, ébranlés et pour beaucoup encore très sceptiques. L’annonce de l’interdiction d’organisation des manifestations sportives sur la voie publique a autant secoué les pouakés de rallye que les passionnés de la petite reine. Le décret a finalement scellé le sort du Tour Auto (23-25 octobre) et du Tour de l’île cycliste (24 octobre-1er novembre) qui avaient jusqu’à présent réussi à échapper au couperet de la crise Covid.
L’information ne date pourtant pas d’hier alors que la préfecture s’était fait le relais des annonces ministérielles vendredi dernier.
“L’état d’urgence sanitaire concerne tout le territoire français, souligne Camille Goyet, la directrice de cabinet du préfet. Nous avons fait un premier communiqué vendredi que nous avons complété samedi. Nous y avons par ailleurs précisé, en y adjoignant les cas particuliers, ce qui ne pourrait plus se faire sur le territoire métropolitain et réunionnais.” Le décret N°2020-1257 édité par le Premier ministre précise donc très clairement que “les fêtes communales, associatives ou les événements sportifs ne peuvent plus être organisés sur la voie publique” tout en spécifiant que “ces mesures s’appliqueront à compter du lundi 19 octobre afin de prendre en compte les événements déjà planifiés ce week-end.”
Quatre semaines d’interdiction
Du côté des organisateurs en premier et des sportifs en second, la prise de conscience ne s’est toutefois pas opérée au moment des annonces gouvernementales, ni dans le week-end qui les a suivies. Contacté hier matin, André Latchoumane se montrait même confiant après avoir eu quelques échanges de bon ton avec la sous-préfecture de Saint-Benoit. “La seule directive dont celle-ci nous a fait part concerne les regroupements sur la voie publique qui sont passés de 10 à 6 personnes, nous expliquait alors le président de l’Asa Réunion. Normalement, nous devons signer l’autorisation préfectorale dans la journée.”
Cette ultime étape administrative n’est jamais parvenue au dirigeant de l’Asa Réunion qui n’a reçu, au même titre que les organisateurs du Tour de l’île cycliste, que pour seule missive émanant de la préfecture un communiqué ce lundi à 16 heures reprenant les termes exacts du décret. “Tous les éléments ont été donnés par le Premier ministre lors de son allocution, poursuit Camille Goyet. En ce qui nous concerne, nous avons suivi l’instruction du dossier de chacun des deux événements en réfléchissant aux protocoles sanitaires à mettre en place, mais nous travaillons dans un cadre juridique et il y a eu un basculement vers l’état d’urgence la semaine dernière.”
À moins que la préfecture n’infléchisse sa position concernant cette application stricte du décret, l’ensemble des manifestations sportives sur la voie publique programmées au cours des quatre prochaines semaines seront donc interdites. À l’issue de cette période, la prorogation du décret pourrait être possible mais demandera à ce qu’elle soit autorisée par la loi.
Christopher Mermet
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