soulagement au Mexique après l’élection de Joe Biden, « AMLO » joue la prudence

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Des migrants cubains, faisant partie du programme « Rester au Mexique », célèbrent la victoire de Joe Biden, à Ciudad Juarez, au Mexique, le 7 novembre.

Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), joue la carte de la prudence. Il n’a pas félicité, samedi 7 novembre, le candidat démocrate, Joe Biden. Sa victoire annoncée à l’élection américaine sonne pourtant le glas des agressions verbales et autres menaces professées par l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, contre les immigrés mexicains. Une alternance politique qui semble propice au Mexique, un peu moins à AMLO.

« Nous voulons attendre que se règle légalement le processus électoral au nom de l’autodétermination des peuples », a déclaré AMLO, qui a mis plus de sept heures à réagir, justifiant un voyage dans son Etat natal de Tabasco touché par des inondations. Une retenue plutôt paradoxale au regard des affinités idéologiques entre M. Biden et le président mexicain de centre gauche. Mais le retour d’un démocrate à la Maison Blanche annonce un agenda bilatéral épineux.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, à Mexico, le 1er septembre.

Changement de rhétorique et de politique migratoire

La plupart des analystes mexicains se sont pourtant félicités, samedi, d’un futur changement de rhétorique de Washington envers les plus de 35 millions de Mexicains et Mexicano-Américains aux Etats-Unis, dont cinq millions de sans-papiers. Ces derniers ont longtemps été victimes du discours xénophobe de M. Trump qui les avait traités de « criminels » et de « violeurs ».

Autre offense de l’actuel occupant du bureau Ovale : le projet de mur le long de la frontière entre les deux pays. « Une perte d’argent », selon M. Biden qui a promis une réforme migratoire « plus juste ». En tête, son souci d’améliorer le sort « inhumain » des enfants séparés de leurs parents sans-papiers dans les centres de rétention américains. Le démocrate a aussi annoncé la fin du programme « Quedate en Mexico » (« Reste au Mexique »), instauré par M. Trump, qui oblige 60 000 demandeurs d’asile aux Etats-Unis à attendre au Mexique que leurs démarches soient traitées par la justice américaine.

Un militant se réjouit de la victoire de Joe Biden, lors d’une manifestation en faveur des migrants à Tijuana, au Mexique, le 7 novembre.

Mais M. Biden ne s’est pas prononcé sur le dispositif militaire déployé par AMLO au nord et au sud du Mexique face aux flux migratoires, sous la menace de taxes douanières émise par M. Trump. La crise économique, due à l’épidémie de Covid-19, a provoqué, entre 2019 et 2020, une hausse de 26 % des entrées de sans-papiers sur le sol américain.

Même incertitude concernant la coopération binationale contre les cartels de la drogue. Mexico n’a pas été averti avant l’arrestation, mi-octobre en Californie, de Salvador Cienfuegos, ancien ministre mexicain de la défense (2012-2018), accusé de liens avec le crime organisé. L’omission a révélé la méfiance des autorités américaines envers les institutions mexicaines, infiltrées par les cartels. En revanche, la victoire de M. Biden laisse présager une coopération renforcée contre le trafic d’armes, réclamée par Mexico.

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