soixante ans d’indépendance, soixante ans d’incertitude – Jeune Afrique

0
129

[ad_1]

Par

Docteur en Droit Public et chercheur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Le président Joseph Kasa-Vubu, le 30 juin 1965, lors de la célébration du cinquième anniversaire de l'indépendance du Congo.

Le président Joseph Kasa-Vubu, le 30 juin 1965, lors de la célébration du cinquième anniversaire de l’indépendance du Congo. © AFP

Soixante après l’indépendance, la RDC semble encore bien loin d’être l’État de droit dont les Congolais avaient rêvé en 1960.


En accédant à l’indépendance le 30 juin 1960, le peuple congolais rêvait de vivre dans un véritable État de droit, avec une stabilité politique et démocratique, pour construire un avenir meilleur. Mais cet espoir fut de courte durée : quelques mois plus tard, l’immaturité politique des dirigeants plongeait le jeune État dans une zone de turbulences, dont les séquelles constituent les causes lointaines de l’incertitude que connaît toujours, soixante ans plus tard, la RDC. Le soleil de l’indépendance est ainsi passé avec son lot de misères pour les Congolais !

• Incertitude de la construction d’un véritable État de droit 

Joseph Okito (à g.), vice-président du Sénat, et Patrice Lumumba (à dr.), Premier ministre, à Léopoldville au Congo-Kinshasa, en décembre 1960.

Joseph Okito (à g.), vice-président du Sénat, et Patrice Lumumba (à dr.), Premier ministre, à Léopoldville au Congo-Kinshasa, en décembre 1960. © STRINGER/AFP

Élu démocratiquement par les deux Chambres du Parlement, Joseph Kasa-Vubu, premier président du Congo, a été brutalement écarté du pouvoir par un coup d’État de Joseph-Désiré Mobutu. Cette déconstruction de la démocratie, qui a été précédée par l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, a ainsi posé les bases d’une réelle incertitude dans l’édification d’un véritable État de droit, pourtant consacré dans les différents textes constitutionnels congolais comme idéal.

 

Arrivée du président Mobutu et de sa femme Marie-Antoinette à Kinshasa, le 20 avril 1977 au Zaïre.

Arrivée du président Mobutu et de sa femme Marie-Antoinette à Kinshasa, le 20 avril 1977 au Zaïre. © CILO/Gamma-Rapho via Getty Images

Du monopartisme du maréchal Mobutu à la révolution armée de Laurent-Désiré Kabila, le Congo-Kinshasa n’a fait que confirmer la primauté des individus sur le droit. Toute idée d’un État de droit n’avait son sens qu’en théorie. La souveraineté du peuple garantie dans les textes constitutionnels était tantôt confisquée, tantôt refusée. Ainsi Joseph Kabila succéda à son père assassiné comme un prince héritier, alors que le Congo est une République !

Abonné(e) au magazine papier ?
Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital
pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.



[ad_2]

Source link

JeuneAfrique

Have something to say? Leave a comment: