[Société] VIDEO. Quand les animaux se transforment en remède

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Stimuler la communication, les sens et apporter un peu de joie aux personnes en difficulté ? C’est possible grâce aux chiens et à la tortue de Chloé Espagnac, intervenante en médiation animale.

C’est l’heure de la douche pour Lulu. « Il faut bien lui frotter les pattes », explique Chloé Espagnac à Magalie, qui s’attelle à shampouiner l’adorable chienne. Pendant ce temps-là, son congénère Nesta renvoi inlassablement un os en jouet sur les genoux de Jean-Philippe, qui prend un plaisir fou à le jeter. Assis sur la terrasse, Thierry a la main posée sur Souna, la calme et imposante chienne allongée à ses côtés.

 

Bienvenue dans une séance de médiation par l’animal. « C’est une thérapie alternative non-médicamenteuse, qui permet d’amener les personnes vers un mieux-être grâce à l’inclusion des animaux », détaille Chloé Espagnac, certifiée en zoothérapie et à la tête de l’association IMA Run, pour intervention en médiation par l’animal réunionnaise.  

 

Ce jour-là, dans le cadre verdoyant et apaisant du jardin d’Eden, à L’Hermitage, cinq adultes issus du Foyer d’accueil occupationnel de la fondation du père Favron poursuivent les séances entamées depuis février. Et il y a déjà des progrès ! 

 

« On peut remarquer la différence dans leur bien-être, leur détente », évalue avec bonheur Magalie Derand, accompagnante éducative et sociale. « On voit aussi que leur relation avec les animaux qui est beaucoup plus facile qu’à leur première séance. Il y a vraiment un résultat notable. »

 

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Car sans en avoir l’air, Magalie, Jean-Philippe, Alice et Thierry, en situation de handicap, travaillent. Laver et brosser Ali, la tortue ? Une façon d’améliorer la gestuelle, parfois difficile, mais pas seulement. « On travaille l’effet miroir », poursuit Chloé Espagnac, qui s’est lancée en 2018 après plusieurs années dans la peau d’une aide-soignante. 

 

 

“On travaille la stimulation des sens, l’estime de soi”

 

« Quand ils rentrent dans leur institution ou leur famille, ça leur envoi quelque chose qu’ils connaissent. » Et qu’ils acceptent plus facilement de reproduire sur eux-mêmes. « On travaille aussi la stimulation des sens, l’estime de soi, le respect des consignes ».

 

 

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Un lien qui se tisse

Dans ces rencontres avec l’animal, un lien particulier se tisse. « Chaque chien a son caractère et chacun trouve son petit binôme dans le groupe », sait par expérience Chloé Espagnac. 

 

La preuve avec Thierry. Lui qui communique très peu s’est trouvée en Souna une alliée. Calme et apaisante, la chienne est un parfait compagnon de câlins. Les deux ont leur petite habitude, un peu à l’écart du groupe. Thierry prend soin d’elle et lui parle. « C’était bien, c’était doux », parviendra-t-il à livrer à la fin de la séance. 

 

 

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« Ça suscite l’échange, la communication, ce qui est important chez ces personnes-là », fait remarquer Magalie Dérand, leur accompagnatrice. « La médiation animale est un outil qui leur permet de s’ouvrir aux autres et de pouvoir échanger avec eux. » 

 

De retour de promenade avec un des chiens, le sourire qui irradie le visage d’Alice en dit long. « Tu peux dire la vérité aux arbres et au chien, ils ne vont pas le répéter », dit-elle joliment. 

 

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C’et en découvrant l’effet des animaux sur Lyna, une enfant qui ne parlait pas, que Chloé Espagnac, alors aide-soignante, a décidé de se lancer dans l’aventure. « Un jour je lui ai mis un mémo animaux devant elle. Elle lui racontait sa vie ! »

 

Pour en avoir le cœur net, elle lui confie un chat l’espace d’un instant. « Oh mon amour », s’adresse-t-elle à lui, tout en multipliant les confessions. La fillette, d’habitude mutique, est en joie. La graine était plantée dans l’esprit de Chloé Espagnac, qui s’est alors formée à la médiation animale en métropole. Avant de revenir sur l’île.

 

« Cela s’adresse aux personnes âgées, en situation de handicap, aux personnes atteintes d’autisme et aux enfants, aux jeunes en difficulté », précise la jeune femme, qui travaille avec ses animaux, récupérés ici et là et spécialement éduqués pour la médiation. « J’aurais trouvé ça dingue d’utiliser des animaux d’élevage car, ici, les chiens, c’est une grosse problématique ».

 

Lulu, qui s’est refait une beauté grâce à Magalie et Alice, semble être née pour ça. « Elle est très douce. Avec les personnes handicapées, ça matche », se réjouit Chloé Espagnac. La preuve. Après des débuts timides, l’accompagnante éducative et sociale Magalie Dérand l’assure, « c’est une séance que tous les résidents attendent ». 

Kilian Kerbrat

 

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