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NUMÉRIQUE. Grand gagnant de la crise sanitaire, le secteur de l’informatique semble mettre tout le monde d’accord : il est porteur d’avenir. L’école privée Epitech, implantée sur l’île depuis 2017, nous a ouvert ses portes le temps d’un instant.
Ils ont les yeux rivés sur leur écran d’ordinateur, les doigts qui tapent dare-dare sur leur clavier. En groupe (pas plus de six, il ne faudrait pas oublier le coronavirus !), les étudiants masqués de première et deuxième année d’Epitech ne déchiffrent peut-être pas encore Enigma* mais presque. Ils codent puis décodent. Depuis 2017, l’école d’informatique s’est implantée à La Réunion et forme les jeunes bacheliers réunionnais à devenir des experts dans les métiers du secteur. “L’étudiant va passer trois ans dans un des campus de l’école, puis une année obligatoire à l’étranger, détaille Estellia Moutou, responsable développement régional, avant de s’envoler sur Paris, pour la cinquième et dernière année.”
Une méthodologie adaptée au marché de l’emploi
Pas de cours magistraux, ni de salles de classe mais 90 % de pratique initiée par la Piscine dès la première année. Rien à voir avec celle du quartier, au contraire les étudiants baignent cette fois dans le codage, durant 5 semaines de travail intensif. Basée à Saint-André, Epitech mise aussi sur l’Open Space et l’autonomie des étudiants. “Ils travaillent par projet, explique Estellia Moutou, on va leur poser une problématique, il va falloir faire des recherches et expérimenter, parfois plusieurs fois, pour aboutir à des solutions.”
Avec un taux de 100 % de réussite chaque année, le pari semble gagné : “Notre objectif c’est l’employabilité, annonce d’emblée la responsable, tous nos étudiants partis en entreprise ont montré qu’ils pouvaient s’adapter à toutes situations.” L’école possède notamment trois valeurs fondamentales sur lesquelles elle insiste chaque année : le courage, la solidarité et l’excellence. “Le courage de recommencer lorsqu’on échoue, le courage de se lancer dans de longues études, liste Estellia Moutou, puis la solidarité, une valeur sur laquelle on va chercher à éveiller les étudiants. Ils ne laisseront jamais quelqu’un en difficulté.” Et enfin, l’excellence, “parce qu’on est sur un domaine qui demande, justement, de l’excellence”, précise Estellia Moutou.
C’est également dans cette optique qu’Epitech lancera, dès la rentrée prochaine, deux nouvelles formations accessibles à partir du bac+ 2 ou bac+ 3, intitulées MSc Pro en Transformation digitale et Innovation technologique. Toutes deux en alternance, soit deux jours à l’école et trois jours en entreprise. L’objectif est simple : “Répondre au marché des personnes qui se dirigent vers des BTS ou des licences d’informatique et qui veulent continuer leurs études sans trouver de master qui leur correspondent”, explique Estellia Moutou. Une solution supplémentaire pour l’emploi local grâce à un cursus de plus en plus prisé chez les jeunes étudiants.
Pauline Benard
(*) Enigma est une machine électromécanique portable servant au chiffrement et au déchiffrement de l’information, utilisée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été craquée par les Anglais, avec l’aide d’Alan Turing.
“Un véritable boom”
Le secteur de l’informatique est parti au galop l’an dernier et s’est propulsé sur le devant de la scène, notamment grâce au télétravail. Pour autant, l’informatique ne date pas d’hier. Depuis des années, notre quotidien s’informatise. La faute – en est-ce vraiment une ? – aux nouvelles technologies et à la place qu’elles prennent dans notre vie. Nathalie Hoarau, responsable d’exploitation à Expernet, école et centre de formation créé en 2002, confirme la tendance. “Dans les dix métiers d’avenir décomptés, l’informatique est toujours au rendez-vous”, témoigne-t-elle, presque automatiquement. D’où l’intérêt de se former dès maintenant et d’acquérir le maximum de compétences dans le domaine, tant le nombre d’opportunités qui s’offrent aux passionnés est infini.
Technicien supérieur systèmes et réseaux, administrateur système et réseau, concepteur développeur d’applications ou encore hacking et cybersécurité : quèsaco ? Implanté au Port et à Sainte-Clotilde, Expernet propose à ses stagiaires quatre formations collectives ou individuelles, généralistes ou spécialisées dans les secteurs liés au système d’information. “Notre but est vraiment d’offrir la formation la plus complète possible aux personnes qui viennent chez nous et qui ont un attrait pour l’informatique”, explique Nathalie Hoarau. Avec trois moyens d’apprentissage mis à disposition : en présentiel, en e-learning (formation en ligne) ou Blended-Learning (apprentissage mixte). Et des formations allant du bac+ 2 au bac+ 5, mais passant également par l’alternance, d’au minimum deux ans. “C’est vraiment une méthode d’apprentissage qui motive les étudiants”, développe-t-elle. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : en moyenne, 80 % des alternants signent dans leur entreprise de stage.
P.B.
Comment bien choisir son école ?
Venir au Salon de l’étudiant, c’est bien, mais comment faire le juste choix ? Gelsy Elisabeth, directrice de développement et des admissions à SupInfo, a répondu à notre question. “Il faut avoir un projet bien réfléchi derrière. Il faut que l’étudiant soit passionné par le secteur, en l’occurrence, l’informatique. Nous discutons en amont avec les futurs étudiants concernant leur conception de l’emploi afin qu’ils ne se trompent pas de filière. Mais il faut également qu’il s’investisse dans les cursus car les études dans le supérieur demandent un niveau d’attention et de présence sans équivoque. Sont-ils prêts à travailler jour et nuit ? Enfin, la question du financement est également à prendre en compte. Il faut bien comprendre qu’une école privée aura un certain montant et ce point rejoint la question de l’investissement de l’étudiant.”
Pour rappel : SupInfo est une école d’informatique rachetée par le groupe IONIS. Elle propose un cursus sur cinq ans et offre le choix à ses futurs étudiants de décrocher deux titres reconnus par l’État. Celui d’expert responsable de projet web, à la fin de la troisième année, soit à bac+ 3, et cumulable avec le diplôme d’expert en management de l’information délivré au sortir de l’école.
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