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Au centre des crispations : l’annulation des titularisations et stagiarisations de 139 employés communaux jugée illégales par le préfet. 139 actes signés durant l’entre-deux tours des élections municipales. Ce jeudi, les employés communaux mécontents se mobilisent pour le deuxième jour consécutifs. Les deux anciens maires de la commune, Cyrille Hamilcaro et Claude Hoareau sont venus leur apporter leur soutien.
“J’avais eu vent qu’il y avait eu des titularisations. Mais aujourd’hui, on découvre l’ampleur de ces titularisations ainsi que le nombre de personnes concernées et les points de droit qui n’ont pas été respectés dans ces procédures de gestion des ressources humaines. Il y a des règles à respecter“, expliquait Juliana M’Doihoma lors d’une conférence de presse il y a deux semaines. La maire de Saint-Louis est allée dans le sens des services de l’État, en prenant un arrêté.
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Mais les employés communaux sont vent debout contre cette décision et évoquent des règlements de compte politique. Depuis hier, porté par les syndicats CFDT et SAFPTR, ces agents mécontents sont passés à l’action. Mercredi, ils étaient une quarantaine à bloquer le pont de la rivière Saint-Étienne avec un barrage filtrant avant de se déplacer vers le rond-point à la sortie de la quatre voies. Ils ont été stoppés dans leur action par les forces de l’ordre mais la colère n’est pas redescendue.
Ce matin, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils qualifient d'”arrestation arbitraire”. Wilson Adras, employé communal et délégué CFDT a été placé en garde à vue aux alentours de 6 heures ce matin. Un choc pour les manifestants qui réclament à corps et à cris sa libération. Jean-Pierre Lallemand, secrétaire général de la SAFPTR s’indigne “je suis très triste, déçu de cette situation, qu’un mouvement de grève se déroule ainsi. Ce matin il y avait 5 camions de la gendarmerie pour nous attendre. Nous avons eu des pressions, des propos insultants de la part des forces de l’ordre. Nous ne sommes pas des hors la loi, nous avions le droit de manifester. En 20 ans de carrière de syndicalisme je n’ai jamais vécu ce genre de situation. Je vous avoue être inquiet du traitement de mon collègue.”


Par ailleurs, alors qu’ils bloquaient la cuisine centrale de la commune, en milieu de matinée, les manifestants ont vu débarquer Cyrille Hamilcaro et Claude Hoareau. Les deux anciens maires affichent clairement leur position dans ce dossier. “Je suis certes en retrait de la vie politique mais je reste un citoyen” a expliqué Cyrille Hamilcaro avant de poursuivre “en tant que citoyen je suis allé soutenir ce matin les agents communaux en grève. Ils ont le droit d’exprimer leur problème. Ils ont en face d’eux un mur. Un mur qui ne parle que de politique. Je ne suis pas candidat ! Je ne fais pas de récupération politique. La mairie a fait preuve de radicalité et la radicalité amène soit à la dictature, soit au chaos. Saint-Louis n’a besoin ni de chaos, ni de radicalité. Saint-Louis a besoin d’une politique de rupture et non de radicalité.”
En fin de matinée, Juliana M’Doihoma a donné un point presse, la maire de la commune sudiste a dénoncé “une action honteuse et inadmissible“. Si grâce au concours de la commune de Saint-Pierre, les 8 000 repas des scolaires, personnes âgées et enfants en crèche ont pu être assurés, l’édile a annoncé que la justice avait été saisie. “Il ne faudrait pas que l’on confonde le droit de grève et le droit de commettre des infractions pénales. Je crois qu’il y a une confusion manifeste ” a expliqué Juliana M’Doihoma avant d’annoncer qu’une plainte avait été déposée hier soir suite aux dégradations de biens publics qui auraient été commises par les manifestants.
De plus, l’édile a ajouté “nous avons aussi des services qui se sont retrouvés empêchés de fonctionner notamment une émanation du CCAS. […] en tant que première magistrat de cette ville, je ne peux que réagir de manière ferme et saisir les autorités, cette fois-ci pour entrave à la liberté du travail“.
Deux plaintes déposées donc par la municipalité, côté manifestants, la colère n’est pas retombée.
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