[Société] Restauration. La barquette en plastique vit ses dernières heures à La Réunion

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Depuis le 1er janvier 2021, les boîtes en polystyrène expansés (type boite à kebab) utilisées par la restauration rapide sont interdites. Si un délai de 6 mois est accordé pour écouler les stocks, les caris seront bientôt tous dévorés dans des emballages éco-responsables.
 

Les poubelles débordent. 80 000 repas à emporter sont consommés chaque jour sur l’île, selon les chiffres de Zero Waste France. La très grande majorité des plats -cari en tête- sont servis dans des emballages plastiques, pas très écologiques.

Alors pour inverser tout ça, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire échelonne les interdictions. Depuis 2020, la vaisselle jetable et les cotons-tiges en plastique ne peuvent plus se vendre ni s’acheter. 

 

La fin des barquettes

 

En 2021, c’est au tour des pailles, des couverts jetables, des bâtonnets mélangeurs de boisson, des couvercles de gobelets à emporter, et donc, des contenants en polystyrène type boîte à kebab de disparaître du paysage.

 

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Si les restaurateurs ont jusqu’à juillet pour écouler leur stock, après, ils devront se mettre au vert. Certains l’ont déjà fait. « Ça commence à venir, note Alnour Rajabaly, à la tête de Pack FMR, une société Portoise tournée vers les emballages biodégradables. On sent l’évolution des mentalités chez les gens. Mais ce n’est pas non plus un boum explosif. »

“La plupart des restaurateurs s’en fichent” 

La preuve : lui qui propose des contenants à base de bagasse, de carton et de palmier, estime à seulement 20 % le nombre de restaurateurs qui boudent le plastique sur l’île. 

 

« Ce sont des restaurateurs qui s’impliquent à 100% car ils ont une conscience environnementale et sociétale mais bientôt, les autres n’auront pas le choix ».

 

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Christian Beyries acquiesce. Responsable de l’entreprise Becie, basée à Saint-Denis et spécialisée dans l’emballage écologique, il estime que « la plupart de ceux qui ont besoin de barquettes s’en fichent, même s’il y en a qui sont pro-bio. Les entreprises du plastique font des prix au ras des pâquerettes, c’est difficile pour nous. Il y a une demande, les consommateurs sont plutôt pour mais elle est freinée. »
 

Caryon, la consigne en verre

Le prix, pouvant passer du double au triple par rapport à du plastique, explique bien souvent la réticence. La force de l’habitude aussi. 

 

« Dans trente ans, ça serait bien que nos enfants puissent profiter de cette île et de nos milieux marins », tonne pourtant Alnour Rajabaly, le gérant de Pack FMR.

 

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Deux jeunes femmes œuvrent aussi en ce sens. Collègues avant de devenir amies et associées, Julie Lefevre et Antonieta Rousseau proposent depuis novembre 2020 une consigne nommée CaryOn. 

 

La bagasse comme alternative à la barquette plastique

 

« Au lieu de servir une barquette en plastique, le restaurateur propose une barquette en verre, détaille Julie Lefevre. À la première utilisation, il faut mettre 7 euros en supplément par rapport au repas. »

 

Ensuite, il suffit de laver sa barquette et la ramener la fois suivante. Si on n’en veut plus, on peut alors se faire rembourser le prix de la consigne. Avec cette solution, plus aucun déchet.  

 

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« Les clients sont conscients qu’ils génèrent des déchets et sont contents d’avoir une alternative », jure la jeune entrepreneure. Dix restaurateurs ont d’ores et déjà répondu positivement à leur initiative. « L’idée a besoin de cheminer, il faut encore un peu de temps », estime celle qui s’est fixée l’ambitieux objectif d’atteindre 100 restaurateurs en fin d’année.

 

80 000 barquettes utilisées par jour à La Réunion : Zéro Waste lance une campagne pour faire baisser ce chiffre
 

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire devrait bien les aider. À partir du 1er janvier 2023, la vaisselle jetable sera interdite dans les fast-foods, obligatoirement remplacée par des récipients réutilisables. 

Kilian Kerbrat

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