[Société] #NousToutes contre les violences sexistes

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FEMINISME. Ce samedi 21 novembre a eu lieu la grande journée de mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles organisée par le collectif #NousToutes. Cette année, dans l’Hexagone comme à La Réunion, la mobilisation est virtuelle.

Lutter contre les violences sexistes, sexuelles, économiques, psychologiques et physiques…C’est le but du collectif féministe #NousToutes. Fondé en juillet 2018 après les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, il regroupe plusieurs associations.

Chaque année en novembre, le collectif organise des marches rassemblant entre 80 000 et 150 000 partout en France. A La Réunion, #NousToutes974 existe depuis l’an dernier. Localement, il est composé d’AFECT 974, l’ARIV, le CEVIF, Femmes 974, et Le Planning Familial 974. 

“Pour ce samedi 21 novembre, grande journée de mobilisation, nous avions prévu plusieurs campagnes de sensibilisation dans les gares routières, des relais-vélo ou encore des rencontres avec les forces de l’ordre”, relate Fabienne Couapel-Sauret, présidente de Femmes 974 et membre de #NousToutes974.

Mais parce que cette année est dictée par la pandémie de covid-19, la mobilisation est 100% virtuelle. “Nous continuons d’alerter toutes formes de violences que subissent les femmes et nous agissons pour persuader toutes les femmes de libérer leur parole”, clame-t-elle.

Hier, #NousToutes974 a ainsi diffusé cinq vidéos sur les réseaux sociaux réalisées par Le Planning Familial.

La première vidéo dénonce le harcèlement de rue dont sont victimes 86% des Françaises. A l’écran, on aperçoit une jeune fille marcher seule dans la rue. Elle passe devant un homme assis sur un muret. Ca ne rate pas : il la siffle. Comme le rappelle alors le planning familial, depuis 2018, le harcèlement de rue est reconnu comme une violence sexiste.

La scène de la deuxième vidéo commence avec le plan d’une jeune femme assise sur une chaise. Elle pianote sur son téléphone portable, quand soudain, des cris, des pleurs et des débris d’assiettes brisent le silence. Témoin de violences conjugales, la femme sursaute. Puis met ses écouteurs. Elle n’entend plus que sa musique.

Entre 2018 et 2019, le nombre de féminicides a augmenté de 21%. C’est ce que révèle l’”Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple”, publiée le 17 août 2020 par le ministère de l’Intérieur. L’an dernier, la police et la gendarmerie ont recensé 173 morts violentes au sein du couple. Parmi elles, 146 sont des féminicides. 

Lorsqu’on est témoin de violences conjugales, agir est indispensable. Un coup de fil peut changer toute une vie, alors n’hésitez pas : composer le 3919.

Face à la caméra, un homme sur fond blanc raconte une bien triste histoire : “Samira a la possibilité d’accéder à un poste important, elle n’a pas de compte en banque, pour faciliter ses démarches, son mari lui propose son relevé d’identité bancaire, depuis, c’est lui qui gère son salaire”.  Ne pas disposer de ses papiers et une violence administrative, économique et sociale. 

Ici, c’est une femme qui retrace des violences psychologiques que peuvent vivre les femmes. “Lina fréquente Quentin. Il refuse qu’elle voit ses amis, il dit que c’est pour la protéger. Etre privée de liberté est une violence psychologique”. Encore trop souvent sous-estimée, cette atteinte à la dignité de la femme est aussi un délit puni par la loi.

 Selon une enquête menée en 2018 par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDPR), 94 000 femmes sont victimes de viol ou tentative de viol chaque année en France. Dans 90% des cas, la victime connaît son agresseur. Parfois, il s’agit du conjoint.

Comme c’est le cas de Quentin, qui vit avec Céline depuis dix ans. Certains soirs, il l’oblige à avoir certains rapports sexuels avec lui. Elle n’ose pas dire non. C’est un viol conjugal.

Jadine Labbé Pacheco

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