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Ce vendredi, Jacques Billant, le préfet, Martine Ladoucette, directrice de l’Agence régionale de santé et Chantal Manès-Bonnisseau, rectrice de l’Académie font un point sur les mesures mises en place pour lutter contre le Covid-19. Au centre des discussions : le port du masque obligatoire, l’apparition de clusters (foyers de contamination), le dépistage des voyageurs à J+7…
Dès le début de sa prise de parole, le ton du préfet est grave « j’ai voulu vous parler aujourd’hui parce que nous sommes dans un moment charnière, le risque de reprise épidémique est élevé mais surtout de mise en place d’une réelle circulation virale à La Réunion, ce qui nous n’avions pas connu jusqu’à présent. Oui, le risque existe, il est fort, il est présent et il demande à nouveau la mobilisation générale. »
Jacques Billant est ensuite revenu sur l’arrêté qu’il a pris hier concernant le port du masque obligatoire dans les espaces publics à haute fréquentation touristique et commerciale à compter de demain. « Dès lundi, j’ai demandé que des contrôles stricts soient opérés, le temps de la prévention est passé ». Le préfet a insisté sur le fait que les discothèques sont toujours fermées et qu’il ne peut y avoir de pistes de danse ou de soirée dansante dans les restaurants ou dans les bars.
La première vague de contrôles avaient donné lieu à des avertissements, la seconde entraînera des sanctions administratives voire pénales.
Dans les prochains jours, les maires seront consultés pour qu’un plan communal de sauvegarde d’une annexe Covid-19 soit mis en place.
Jacques Billant a également demandé d’anticiper une augmentation des capacités d’hébergement des cas contacts et des cas Covid positifs.
Quant à rendre la septaine et le dépistage des voyageurs à J+7, le préfet.a indiqué “le risque zéro n’existe pas, il ne sera jamais possible de mettre un policier ou un gendarme derrière chacun pour contrôler la bonne application de la septaine chez soi et la réalisation d’un test à J+7. Une telle obligation légale n’est pas à l’ordre du jour mais une obligation morale existe et vous commande de le faire. Le danger vient aussi et surtout même d’une contamination locale, les derniers jours le prouve avec une augmentation des cas autochtones. »
Le préfet a terminé sur un ton aussi grave qu’il a commencé son discours « si nous ne prenons pas nos responsabilités individuelles et collectives, nous nous exposons à un grave danger. […] Seule une discipline individuelle et collective permettra d’éviter des mesures plus contraignantes ».
La directrice de l’Agence régionale de santé est ensuite montée sur le pupitre « à plus d’un titre la situation sanitaire de La Réunion en terme de transmission du virus permet encore bien plus favorable que la majorité des autres départements de France ou bien d’Outre-mer » a commencé Martine Ladoucette.
Elle a ensuite expliqué que plusieurs indicateurs vont dans ce sens, cependant, ces derniers jours, la situation s’est nettement dégradée avec l’apparition de cas regroupés (clusters).
« Nous ne pouvons nier la portée des signaux d’alerte qui se démultiplient ces derniers jours. Une augmentation indiscutablement très rapide du nombre de cas autochtones. 89 nouveaux cas autochtones ont été recensés ces derniers jours, cette progression est bien plus soutenue que la progression des cas importés. Cette situation s’accompagne est la résultante de l’émergence pour la première fois sur l’île de cas regroupés (clusters). »
Au total, cinq chaines de transmission ou cas groupés qui sont comptabilisés sur deux communes : Saint-Denis et Saint-André. Ces cas regroupés sont de natures différentes; pour les uns, ce sont des regroupements familiaux sur une échelle restreinte. Pour celui de Saint-Denis, c’est un cas regroupé de taille importante à diffusion communautaire.
L’Agence régionale de santé va renforcer a mobilisation de ses ressources qualifiées et de ses moyens et « agir avec discernement et sang froid ». Les campagnes de dépistage vont être renforcées.
Concentration des politiques de dépistage sur 8 types de priorité absolue :
• Les personnes qui présentent des symptômes pour confirmer ou pas la maladie
• les cas contacts
• les admissions des nouveaux résidents dans les EHPAD
• reprise de fonction ou arrivée d’un nouveau professionnel dans les établissements de santé
• diagnostic à poser auprès des résidents en EHPAD qui présenterait un symptôme
• toute personne devant subit une intervention chirurgicale lourde
• population identifiée cas contact ou pourrait l’être
• population vulnérable
• les voyageurs
La directrice de l’Agence régionale de santé a conclu « Je m’adresse aux jeunes pour leur dire à quel point ils ont une double responsabilité, vis à vis des autres et vis à vis de leurs grands parents. 10% des admissions de la première vague ont été le fait de sujets de moins de 45 ans. »
Chantal Manès-Bonnisseau a ensuite la parole pour ré-affirmer que la rentrée scolaire ne serait pas reportée, « le retour en classe est prévu lundi prochain, le 17 août pour l’ensemble des élèves de l’Académie. Le élèves de 14 écoles de la ville de Saint-Denis qui seront accueillis e classe le lundi 24 août bénéficieront de la continuité pédagogique. Leurs enseignants présents dans les écoles leur transmettront du travail à effectuer chez eux. »
La rectrice plaide pour “une rentrée pour tous avec un protocole sanitaire adapté”.
Plusieurs scenarii sont envisagés :
• en cas de suspicion cas de Covid-19 dans un établissement scolaire, la personne identifiée doit être renvoyée chez elle, les autorités sanitaires prendront ensuite le relais. « Cette estimation objective du risque guide la mise en septains d’une personne ou de fermeture totale ou partielle d’un établissement »
• Si un foyer épidémique est identifié par l’ARS « nous le traitons alors ensemble, préfet, ARS et les communes concernées », un protocole adapté au risque est alors mis en place en concertation avec tous les acteurs.
Chantal Manès-Bonnisseau a également expliqué pourquoi la rentrée scolaire n’est pas reportée dans les collèges du Bas de la Rivière contrairement aux écoles maternelles et élémentaires. « Il n’y a aucun cas positif signalé dans le Collège ou dans le personnel de l’établissement. Si cette situation évolue, les personnes concernées seront mises en septains et ne se rendront pas au collège. Il n’y a donc aucune mise en danger de la communauté scolaire et aucune raison rationnelle de reporter la rentrée dans les collèges concernés. »
« Nous sommes conduits non pas par la peur mais par la prudence, al raison et la connaissance scientifique » a terminé la rectrice.
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