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Au cours d’un point presse ce vendredi, la directrice de l’Agence régionale de santé a fait un état des lieux sur la situation sanitaire à La Réunion.
Martine Ladoucette s’est d’abord montrée rassurante « l’ensemble des indicateurs nous place encore en deçà des seuils d’alerte définis sur le plan national ». Cependant, on ne peut nier les faits, la directrice de l’ARS a admis « on observe une forte progression des cas diagnostiqués et investigués » tout en rappelant « dans la très grande majorité, ces nouveaux cas sont des cas autochtones, il y a donc une propagation diffuse du virus au sein de la population ».
Le seuil d’alerte est atteint lorsqu’on compte 50 nouveaux cas pour 100 000 habitants, « à l’heure actuelle, à La Réunion, on est à environ 25 nouveaux cas pour 100 000 habitants » a détaillé la directrice de l’ARS.
Quant aux clusters, depuis le 11 août derniers, ce sont 10 foyers de contamination qui ont été découverts sur notre territoire. Dans le détail, 7 sont situés à Saint-Denis, 2 à Saint-André et 1 à Sainte-Marie. « La quasi majorité d’entre eux sont d’ordre familial, provoqués par des rassemblements familiaux de grande ampleur » a insisté Martine Ladoucette en expliquant que ces foyers de contamination ont des caractéristiques différentes.
Par ailleurs, la directrice de l’Agence régionale de santé est revenue sur le taux de positivité dévoilé plus tôt dans la journée « ce taux progresse inévitablement mais assez faiblement puisque nous pratiquons beaucoup de tests ». Le taux de positivité sur notre île est actuellement d’1,8%, c’est-à-dire que lorsque l’on pratique 100 tests, un peu moins de 2 sont positifs. Au niveau national, ils sont plus de 3.
En outre, la directrice de l’ARS a indiqué que depuis une semaine, le nombre d’admission de patients positifs au Covid-19 à l’hôpital est supérieur au nombre de sorties.
« Ces données cumulées les unes aux autres font passer La Réunion d’un état de vulnérabilité faible à un état de vulnérabilité modéré » a indiqué Martine Ladoucette. Cela traduit une dégradation de la situation sanitaire. L’Agence régionale de santé va donc adapter et renforcer ses politiques. 4 points principaux :
• le doublement des effectifs de l’Assurance maladie et de l’ARS dédiés à la gestion de crise. Au total, 25 personnes travaillent sur la gestion et le suivi du Covid-19 à La Réunion.
• renforcer la stratégie de dépistage et cibler davantage.
« On teste beaucoup mais il ne suffit pas de faire du volume, les tests ne sont pas une fin en soi, ils permettent de débusquer les cas positifs pour pouvoir les traiter » a détaillé Matine Ladoucette. Il est donc question d’affiner les cibles, les publics prioritaires pour être dépistés.
• un changement d’organisation et de mobilisation des ressources. « Dès cette semaine, j’ai demandé la mise en place de centres ambulatoires dans les communes. » Des sites qui seront différents des plateformes de dépistage actuellement installées à Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre, qui, elles, sont dédiées aux tests de dépistage à J+7 pour les voyageurs. Dans ces centres ambulatoires, les personnes qui présentent des symptômes pourront consulter un médecin. Il y aura un espace consultation et un espace prélèvement qui permettront de gagner du temps. Un centre de ce type devrait être installé à Saint-Pierre incessamment.
• consolider les partenariats indispensables. Par exemple avec le rectorat pour la rentrée scolaire et un partenariat actif avec les communes. Mme Ladoucette a annoncé avoir accédé à la demande des édiles qui réclament d’avoir accès aux données épidémiologiques tout en respectant la confidentialité des malades. « Il n’est pas question de communiquer des données individuelles, le juste milieu est de pouvoir identifier la commune. Pour les villes touchées par des clusters, il sera indiqué sur une carte comment se répartissent les cas actifs par quartier. »
Martine Ladoucette a tenu a faire passer plusieurs messages.
• le premier est adressé aux professionnels de santé, plus précisément aux médecins traitants « pour qu’ils continuent à assurer leur rôle de clinicien de proximité », La directrice de l’ARS souhaite que le niveau 1 du dispositif de contact tracing soit respecté, c’est à dire que les médecins traitants soient ceux qui alertent. À l’heure actuelle, cela ne serait pas fait systématiquement à La Réunion.
• La directrice de l’ARS en appelle à la discipline collective et demande aux personnes qui présentent des symptômes ou ont été en contact avec une personne positive au virus ou qui pourrait l’être de respecter un isolement strict.
• Martine Ladoucette demande également aux personnes qui présentent des symptômes et aux cas contacts de se faire tester ainsi qu’à ceux qui travaillent dans des EHPAD.
• Et pour terminer, aux potentiels cas contact de se prêter au dispositif du contact cracking qui permet aux autorités sanitaires d’avoir des données essentielles pour identifier tous les cas contacts et remonter les chaînes de contamination.
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