[Société] Maëlys Erissy : “Le métier a pris tout son sens durant la crise”

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Le temps des vacances, Maëlys Erissy troque sa casquette de journaliste reporter d’images pour celle de présentatrice. La Réunionnaise de 25 ans, qui enfant regardait Antenne Réunion avec sa famille, intervient désormais sur la même chaîne en tant que joker pour les éditions du week-end. Entretien.

Quel a été votre parcours ?

J’ai eu mon baccalauréat à La Réunion, puis j’ai intégré une école de journalisme à Lyon, l’ISCPA. Ensuite, je suis revenue sur l’île pour mon stage de fin d’étude et je ne suis plus jamais repartie.

Pourquoi le journalisme audiovisuel ?

Dès le lycée, je savais que je voulais m’orienter vers le journalisme. Quand j’étais en terminale au lycée Sarda Garriga à Saint-André, il était possible de se préparer aux concours le week-end. Au départ, je n’avais pas vraiment de format de prédilection, puis j’ai dû me spécialiser la troisième année et j’ai choisi l’audiovisuel. Auparavant, j’avais fait plusieurs stages en presse écrite, à La Réunion et à Lyon, mais mon cœur a finalement penché pour la télévision.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce format ?

Dès qu’on m’a appris les techniques de la caméra, ça m’a plu. Il faut aller à l’essentiel, en alliant l’image à l’écriture. Il y a un côté artistique, que j’aime bien. C’est aussi un petit défi à relever de condenser un reportage en 1 minute 30.

Est-ce que la présentation vous attirait ?

C’est une chose à laquelle je pensais quand j’ai commencé à la télé. Il y a deux ans, on m’a proposé le poste parce qu’il y a eu un départ. Ensuite, j’ai fait des trainings et j’ai beaucoup travaillé. C’est une occasion qui s’est offerte à moi et je l’ai saisie.

Racontez-nous votre premier JT…

J’ai eu deux semaines de training intensif juste avant. La première fois je n’étais pas stressée parce que j’ai eu l’impression que c’était encore un entraînement. C’est après, quand j’ai revisualisé le JT que j’ai réalisé. Le stress est venu au bout de la deuxième fois. Mais ça s’est bien passé, j’étais bien accompagnée. Aujourd’hui, quand je revois mon premier JT je me dis que je ne suis plus la même personne. Je n’oublierai pas ce jour, je pense.

Au quotidien ou sur les réseaux sociaux, comment gérez-vous le fait d’être devenue une personnalité publique ?

J’ai toujours été à fond sur les réseaux sociaux, je suis de la génération où tout a commencé à exploser. J’ai une page professionnelle et mon collègue de linfo.re m’aide sur ce point. Je réfléchis à ce que je veux montrer et j’impose une limite quand il s’agit de ma vie privée. Dans la rue, ça me fait toujours plaisir de croiser les Réunionnais qui me reconnaissent et de discuter avec eux.

Vous étiez sur le terrain pendant la crise et le confinement. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Ҫa nous est tombé dessus après les municipales. Je me souviens de la soirée électorale juste avant, j’étais déployée à la mairie de Saint-André et j’avais fini à minuit. Le lendemain, en conférence de rédaction, on nous annonce que les élections c’est du passé et qu’on se concentre désormais sur le coronavirus. À Antenne, les équipes étaient divisées en deux pour qu’on évite de se croiser et je travaillais plutôt en week-end. Ça a été intense, mais c’est dans ces moments qu’on réalise l’importance du journalisme. Le métier a pris tout son sens durant cette crise. Les gens ont eu besoin que l’information vienne à eux et qu’on décortique le vrai du faux. C’est une période dont tous les journalistes se souviendront. On est restés soudés et ça continue encore aujourd’hui.

Avant la crise, est-ce qu’il y a une autre actualité dont vous vous souvenez particulièrement ?

Le voyage de presse à Maurice pour la visite du pape. Je me souviens qu’il est passé à quelques mètres avec sa papamobile. Il y avait beaucoup de Réunionnais et on ressentait la ferveur des fidèles. C’était fort. Dans une vie, ce métier nous offre de belles opportunités.

S’il fallait trancher entre le terrain et la présentation, quel serait votre choix?

Pour le moment, je ne me pose pas la question. En tant que joker, je peux avoir les deux casquettes. Je reste attachée au terrain. J’ai démarré à Antenne en tant que fait-diversière, et c’est un côté particulier du journalisme qui me plaît. Je pense que ça me manquerait. Mais la présentation, c’est tout aussi excitant. Pour l’instant, les deux se complètent toute l’année. Après on verra, …

Pourquoi les faits-divers ?

Ce qui me plaît dans les faits-divers, c’est d’écouter les gens et leurs histoires. J’aime bien comprendre le contexte. Le côté le plus difficile c’est d’entendre la douleur des victimes et des proches. J’essaye de garder une carapace tout en créant un contact avec eux. Bien sûr, je ne vais pas tout de suite débarquer avec ma caméra devant une maman qui pleure. Aussi, ça peut paraître curieux mais ce sont souvent les familles qui viennent à nous. Ils veulent exprimer leur colère ou dénoncer des injustices. Mais on reste respectueux : si quelqu’un ne veut pas témoigner ou être filmé, on ne le fait pas. S’il le faut ou quand il le faut, on reste en retrait et l’information sera donnée différemment. Les personnes sont en droit de décider si elles veulent passer à la télé, ou non.

Vous êtes sur tous les fronts actuellement, mais qu’aimez-vous faire quand vous avez du temps libre ?

Je le passe avec ma famille, qui est mon pilier. Je sors aussi avec mes amis ou mes collègues. Et quand je peux, je pars en voyage.

 

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