[Société] Logement : “Nous vivons comme des animaux”

0
64

[ad_1]

Une conférence de presse a été organisée par la CNL hier à Sainte-Marie, afin de dénoncer les conditions de vie des locataires d’un immeuble présentant “un danger grave et immédiat”.

Sous la table de son salon, Marie a disposé deux sacs à dos dans lesquels sont rangés ses documents importants, quelques vivres et des couvertures de survie. “Si l’immeuble s’effondre, j’ai déjà tout préparé pour m’enfuir”, explique-t-elle en soupirant.

 

Depuis cinq ans, elle vit au rez-de-chaussée d’un immeuble de Sainte-Marie, livré en 2014 par la Société Immobilière du Département de La Réunion (SIDR). Au plafond de sa salle de bains, des traces de moisissures causées par des infiltrations sont apparues il y a plusieurs mois. “Quand je fais mon shampoing, je suis obligée de recommencer car des morceaux me tombent sur la tête”, relate-t-elle. Le mur mitoyen aux toilettes présente lui aussi de grosse tâches noires et jaunâtres.

 

A l’extérieur, le muret de son rez-de-jardin s’est tout simplement déplacé de deux centimètres. “Imaginons qu’un jour mes enfants soient à l’école et qu’il y ait un accident. Comment la SIDR va-t-elle calculer le prix d’une vie ? Ça fait des années qu’on crie, qu’on n’en peut plus ! Je suis au bord des larmes. Faut-il qu’un drame arrive pour que les choses changent ?”, fustige-t-elle.

 

 

Des décrochages dans les parties communes

 

Comme elle, une soixantaine de familles vivent dans cet immeuble jugé indigne par les locataires. “Depuis que nou viv ici, il y a des fêlures dans les murs à l’extérieur, l’immeuble li bouge à vue d’oeil, i fait peur !”, témoigne Virginie Dorimont, qui vit au deuxième étage avec son mari et leurs trois enfants. “La nuit, nous sommes constamment réveillés en sursaut : le béton qui craque provoque des bruits cauchemardesques”, raconte Monsieur Iroulis. “Mes enfants angoissent, ma femme et moi aussi, on en a marre”.

 

“Même les chiens ont des niches qui résistent aux cyclones”

 

Dans les parties communes, 84 étais ont été installés pour soutenir les innombrables décrochages de blocs de béton. “C’est comme si on essayait de rafistoler l’immeuble avec du scotch”, ironise Erick Fontaine, administrateur de la Confédération Nationale du Logement (CNL).

 

Alerté il y a trois semaines par une locataire, il a écrit au maire de la commune vendredi 14 octobre, afin de demander l’ouverture “d’une procédure de péril imminent avec une demande au Tribunal Administratif de la désignation d’un expert qui rendra son rapport dans les 24 heures après sa nomination”.

 

 

Un courrier envoyé à la mairie

 

“En douze ans, je n’ai jamais vu un tel niveau de dégradation, nous avons atteint le sommet de l’irréel. Cet immeuble présente des risques important pour la sécurité des locataires”, dénonce Erick Fontaine.

 

A ses côtés dans cette lutte pour le droit à un logement décent, se tient Maître Jean-Christophe Molière :“Je serai très attentif à la réponse que la municipalité donnera au courrier envoyé. Nous allons entamer très rapidement entamer des procédures judiciaires contre la SIDR pour qu’elle prenne ses responsabilités”.

 

“En France, en 2020, nous vivons comme des animaux. Même les chiens ont des niches qui résistent aux cyclones. Même les poules vivent dans des poulaillers qui ne fuient pas”, tance Sabine Auber. “Nous demandons de la transparence et de la considération et que le nécessaire soit fait avant la période cyclonique”.

 

Jadine Labbé Pacheco

 

 

Que dit la SIDR ?

 

Dans un communiqué de presse envoyé ce dimanche, la SIDR se dit “prête à intervenir afin de rassurer ses clients et leur offrir à nouveau la pleine jouissance de leur logement”. Avant la construction de l’immeuble en 2014, “les études géologiques n’avaient pas envisagé un possible tassement du terrain”, est-il écrit.

 

“Aucun des divers experts délégués sur place n’a mis en avant à aucun moment l’éventuelle dangerosité du bâtiment, auquel cas nous aurions évacué et relogé l’ensemble de nos clients”, assure Jacques Durant, le directeur de la SDIR. Si la société reconnaît les infiltrations et fissures présentes dans certaines coursives, elle reste dans l’attente du rapport d’expertise. “Nous réaffirmons à nos clients notre engagement de mettre en œuvre tous les moyens humains, techniques et financiers pour une remise en état sans délais, dès que le feu vert nous sera donné”, conclut Jacques Durand.

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: