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Après trois mois de fermeture, les salles de cinéma françaises s’apprêtent à rouvrir le 22 juin. Suite à l’annonce surprise du gouvernement, les exploitants de l’île s’équipent pour accueillir le public.
La crise sanitaire est-elle derrière nous ? Les masques tombent, les écoles sont ouvertes, et les bars et restaurants ont levé leur rideau… La vie semble reprendre son cours, doucement mais sûrement. Mais certains sites doivent encore patienter jusqu’au 22 juin prochain pour accueillir de nouveau du public. C’est le cas des salles de cinéma. Après trois mois de fermeture, les exploitants voient enfin le bout du tunnel. Même si la réouverture des cinémas est une bonne nouvelle, elle a pris de cours la profession. « Au moment du discours du Premier ministre, les négociations concernant le protocole étaient encore en cours », explique Frédéric Drotkowski, à la tête d’Investissement et Commerce Cinéma. La société, qui gère le Cinépalmes, le Ritz et le Rex, est adhérente au Syndicat des Exploitants de Salles de Cinéma Outre-Mer (SECOM), qui est affilié à la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF). Cette dernière échangeait encore avec le ministère de la Culture, lors des annonces du gouvernement. « On avait demandé au moins un mois de délai, pour pouvoir préparer les salles et commander les films auprès des diffuseurs », précise Frédéric Drotkowski. Finalement, les exploitants apprennent en même temps que le citoyen lambda que la reprise est fixée au 22 juin. « En plus c’est un lundi, alors que traditionnellement les sorties se font le mercredi », ajoute le chef d’entreprise. Malgré la levée prochaine de l’interdiction, la société reste prudente. Si toutes les conditions ne sont pas réunies, les salles d’ICC pourraient rouvrir après la date officielle. « Il y a beaucoup à faire », souligne le directeur. Chez son concurrent, le groupe MauRéfilms, le ton est un peu plus assuré. Les cinémas du groupe Ethève, à savoir le ciné Lacaze à Saint-Denis, le Plaza à Saint-Louis et le multiplexe de Cambaie à Saint-Paul seront ouverts dès le 22 juin.
Comme pour tous les secteurs d’activité, un protocole sanitaire a été établi. Il a été dévoilé quelques jours après l’allocution d’Edouard Philippe. Un fauteuil sur deux sera condamné, réduisant de moitié la capacité de chaque salle. Seuls les couples, familles ou petits groupes seront autorisés à s’asseoir à côté. Des parcours fléchés seront matérialisés pour aiguiller les clients et des marquages au sol seront installés pour respecter 1 mètre de distance entre chaque visiteur. Des solutions hydroalcooliques seront bien entendu proposées à la clientèle, qui devra porter un masque dans les zones d’affluence comme le hall ou encore les sanitaires. Les salles seront nettoyées après chaque séance et les sièges seront régulièrement désinfectés. Enfin, les employés seront eux aussi équipés. Mais les exploitants de l’île souhaitent aller au-delà des recommandations. ICC, installera un « tunnel de décontamination », qui sera accessible aux volontaires qui veulent multiplier les mesures de protection. De son côté, MauRéfilms privilégiera la vente par internet ou via les bornes pour éviter le contact avec les clients. La société a également pensé au système de climatisation qui sera entretenu régulièrement pour « ventiler les espaces fermés et apporter de l’air neuf à chaque séance ».
Assurer la sécurité de tous pour rassurer les cinéphiles et les inciter à revenir devant les grands écrans, tel est l’objectif des exploitants. Car cette crise et ces trois mois de carence ont laissé des traces. Les pertes sèches se comptent en millions, rien que pour la billetterie. Pour la partie confiserie et publicité, les recettes sont également au plancher depuis mars. Même après la réouverture, le chiffre d’affaires ne va pas décoller immédiatement. « Réduire de moitié notre capacité d’accueil va forcément nous poser un problème de rentabilité », explique Frédéric Drotkowski. Localement, aucune mesure économique n’a pour le moment été prise. En métropole, certaines salles comptent rouvrir, mais en limitant le nombre de séances à 2 ou 3 par jour, pour laisser une partie du personnel en chômage partiel. Après plusieurs mois dans le flou la reprise s’annonce donc difficile, mais l’industrie tient bon pour ne pas faire sonner le clap de fin.
Il est difficile de se prononcer sur les prochains films à l’affiche, tant la date de reprise a été une surprise pour la filière. Les exploitants n’ont pas encore la possibilité de se positionner sur de nouveaux titres parce que les distributeurs n’ont pas encore eu le temps de faire un listing. Avec l’arrêt des tournages, la reprogrammation de certaines sorties et la diffusion anticipée de films sur des plateformes de SVOD, c’est tout l’écosystème du cinéma qui a été chamboulé durant le confinement. « D’ici une semaine, nous devrions avoir une meilleure visibilité. En Outre-Mer, on doit acheter les droits et faire venir les films, donc il nous faut un petit délai avant de les projeter», explique Frédéric Drotkowski. Les salles peuvent toutefois compter sur les productions sorties juste avant la crise et qui vont pouvoir être reprogrammées. C’est le cas du très attendu De Gaulle de Gabriel De Bomin, qui sera, entre autres, reproposé au public réunionnais. Après 9 jours d’exploitation, ses entrées en France étaient de 595 179 sur 627 écrans, a déclaré le réalisateur dans une interview accordée au Point. Les projections du distributeur laissaient présager entre 1,7 million et 1,8 million d’entrées, avant la crise.
1 – Mulan, de Niki Caro. Sortie reprogrammée le 22 juillet.

2 – Wonder Woman 1984. Sortie reprogrammée le 12 août.

3 – Black Widow de Cate Shortland. Sortie reprogrammée le 28 octobre.

4 – Mourir peut attendre de Cary Joji Fukunaga. Sortie prévue le 11 novembre.

5- Les Tuche 4, de Olivier Baroux. Sortie prévue le 9 décembre.

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