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SOCIAL. Il y a souvent un gouffre entre le nombre de messages qui appelle à la mobilisation sur la toile et le nombre de manifestants sur le terrain. Une affirmation qui sera de nouveau à vérifier, demain, une fois le couperet du couvre-feu tombé à 18 heures. Hors de question de se plier devant la directive, promettent des internautes qui ont quasi immédiatement lancé sur la toile des appels à la manifestation. L’un d’entre eux appelle le plus grand nombre à se rejoindre à 17 h 30 devant la préfecture, une autre à un défilé depuis Saint-Gilles jusqu’aux Roches Noires, encore une autre à un rassemblement sur le front de mer de Saint-Pierre. Des bandeaux “non au couvre-feu, rétablissons nos libertés fondamentales” ont également commencé à fleurir sur la toile.
Encore insuffisant pour laisser penser à un mouvement de fond, mais suffisant pour porter une oreille attentive alors que des échauffourées ont éclaté dans plusieurs quartiers depuis la semaine dernière et l’annonce du couvre-feu à 22 heures. Les vacances commencent de surcroît ce vendredi. Réponse demain soir. Une ex-“gilet jaune”, interrogée sur le sujet, compte bien y participer.
“ON VEUT NOUS FAIRE PEUR”
Si elle reste prudente sur la transformation des appels en ligne en véritables défilés, elle veut croire à la naissance d’un mouvement. Elle laisse le mystère planer sur les actions en question, mais dit d’ores et déjà non à une manifestation “pour rester 20 minutes devant la préfecture et rentrer chez nous.” Le but est de lancer un appel “à la désobéissance citoyenne.” Une façon de dire son opposition à une mesure comparée à une “privation de nos droits et libertés.”
Les arguments sont connus : “On peut aller travailler, faire ses courses, aller à l’école, aller au restaurant mais après 18 heures on ne peut pas parce que le virus circule.” La question de la non-fermeture de l’aéroport ou des évacuations sanitaires depuis Mayotte revient rapidement dans la discussion. L’État est accusé de “vouloir faire peur” et même la véracité des chiffres transmis chaque semaine par l’ARS est remise en question par elle-même. “On veut nous faire peur en nous rejetant la faute alors que tout ça c’est la leur”, poursuit notre interlocutrice, remettant également en cause la dangerosité même de la maladie en prenant l’exemple d’une famille touchée par le virus, “et tout le monde va bien malgré une diabétique sévère.” Elle se dit bien décider à se faire entendre demain. Réponse ce vendredi après 18 heures.
P.M.
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