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Ce lundi matin, les habitants de Saint-Joseph ont pu observer un léger voile bleuté entourant les remparts du coin, assorti d’une odeur de soufre… Atmo Réunion, chargé d’assurer le suivi de la qualité de l’air, confirme qu’un pic de dioxyde de soufre a bien été observé dans la matinée. Mais de panique, on reste encore en-deçà des seuils d’alerte sanitaire.
Comme à chaque éruption du piton de La Fournaise, la qualité de l’air peut se trouver plus ou moins impactée par les émanations, notamment de dioxyde de soufre (SO2), dans l’air. Si pendant les deux premières semaines de l’éruption les niveaux sont restés relativement faibles, relève l’association Atmo Réunion, la station de Grand Coude à Saint-Joseph a enregistré une augmentation samedi dernier, dépassant même légèrement le seuil d’information et de recommandation horaire de 300 µg (microgrammes)/m3.
Mais le pic a été de courte durée : l’épisode de pollution dioxyde de soufre n’a duré qu’une heure, dans le milieu de l’après-midi de samedi. Hier dimanche, les niveaux étaient relativement stables à faibles.
Depuis, le niveau de SO2 a de nouveau diminué. Avant de remonter ce lundi entre 6h et 13h, puis recommencer à baisser. “On a observé une augmentation sans que ce soit alarmant, on reste bien en deçà des seuils réglementaires”, relativise Alexandre Algoet, directeur d’Atmo Réunion, association agréée de surveillance de la qualité de l’air missionnée par les autorités publiques pour assurer le suivi de la concentration en dioxyde de soufre (SO2) et particules fines dans ce contexte d’éruption.
Des irritations à la gorge
Il n’y aurait donc pas d’impact sanitaire sur la population, avec de tels niveaux. Malgré tout, ce lundi matin, des habitants de plusieurs secteurs de Saint-Joseph, notamment à Grand Galet ou à la Crête, ont fait part d’une odeur de soufre dans l’air, accompagnée d’irritations à la gorge.
Certains ont même pu observer visuellement cette présence de dioxyde de soufre, signalant la présence d’un léger voile brumeux et bleuté dans l’air, qui correspondrait au panache éruptif dérivant vers les environs de Saint-Joseph.
“On a vu des fumées bleues dans les remparts qui nous entourent, avec une odeur de soufre pas très agréable. Personnellement j’ai eu un peu la gorge irritée”, nous racontait Cindy, une habitante de Grand Galet. “On le sentait un peu moins dans l’après-midi, mais en ce moment c’est assez fréquent, surtout le matin. Mais aujourd’hui c’était un peu plus que d’habitude”, poursuivait-elle.

Dans un communiqué la semaine dernière, la préfecture et l’ARS de La Réunion avaient justement émis des recommandations quant à la qualité de l’air, notamment pour ceux qui se rendent au volcan voir l’éruption. Car rien d’étonnant aux désagréments ressentis par Cindy : le dioxyde de soufre, gaz émis par l’éruption, est un gaz irritant pour les voies respiratoires. C’est pourquoi les autorités préconisent aux personnes vulnérables (femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, asthmatiques, personnes de plus de 65 ans ou souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires) de demander l’avis préalable de leur médecin traitant avant de se rendre au volcan profiter du spectacle.
Des valeurs entre 200 et 300 microgrammes par m3 et par heure
A ce jour, aucune recommandation particulière n’a été émise aux populations des zones habitées, compte tenu des concentrations enregistrées qui restent en dessous des seuils sanitaires d’alerte, malgré des hausses de quelques heures, observées ponctuellement sur les stations de Bourg Murat et de Grand Coude depuis le 9 avril.
Pour l’épisode de ce lundi, il en est de même : ce matin, les niveaux de dioxyde de soufre à Grand Coude ont approché le seuil des 300 μg (microgrammes)/m3 par heure, restant entre 200 et 300 μg/m3 , sans aller au-delà, note Alexandre Algoet d’Atmo Réunion. Rien à voir avec les valeurs enregistrées lors des pics de pollution, comme en 2017, lorsque la station mobile de l’Observatoire réunionnais de l’air avait relevé non moins de 2 486 μg de SO2 par mètre cube d’air en moyenne horaire, soit cinq fois le seuil d’alerte !
“C’est possible qu’il y ait eu une masse d’air qui soit passée avec des teneurs plus importantes en soufre que la normale”, commente-t-on du côté d’Atmo Réunion. La situation dépendant des conditions météo, notamment du vent, qui fait recirculer le panache éruptif vers une direction ou une autre, ou de la pluie qui provoque un effet de “lessivage” qui abaisse la concentration des polluants atmosphériques.
Il faut savoir qu’à La Réunion, les dépassements des seuils de pollution de l’air sont essentiellement dûs à l’activité volcanique qui émet du dioxyde de soufre. Les habitants du Sud ressentent donc assez souvent pendant les éruptions la présence de ce gaz dans l’air. En métropole, cette pollution est au contraire la conséquence de l’activité industrielle. À forte concentration, le dioxyde de soufre respiré peut entraîner une irritation des muqueuses, des voies respiratoires, et ainsi causer de la toux, une gêne respiratoire, des troubles asthmatiques…
J.CTS
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