[Société] L’épicerie et le snack solidaires de l’université dans la tourmente

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Les 10 services civiques du seul point de restauration de l’université ouverte en soirée pourraient ne pas être renouvelés suite à une décision de l’académie de La Réunion. Le rectorat indique que “les services civiques de l’association Solidarité Étudiante Réunion se substituent à des emplois marchands”. Pour le vice-président de l’Université de la Réunion en charge de la vie étudiante, “le rectorat a choisi d’enlever des moyens aux associations et réduit le pouvoir d’achat des plus précaires”.

Depuis 6 ans, l’Epicerie solidaire de l’Université offre aux étudiants un point de vente alimentaire sur le campus. L’épicerie permet notamment aux étudiants logés au CROUS de faire de petites courses et de se fournir en produits locaux, bio et de base à moindre coût et sur le campus.

L’initiative a été saluée par le rectorat, les personnalités politiques de l’île et les étudiants. Un engagement avait été signé entre le rectorat, le CROUS, et l’association Solidarité Etudiante Réunion pour assurer la prise en charge de plusieurs contrats de services civiques. Depuis l’association a agrandi son offre et propose en plus de l’épicerie un service de restauration rapide à faible coût sur le campus. Dans cette période de couvre-feu où le restaurant universitaire n’offre plus de repas le soir, le snack “K’art d’heure gourmand” reste ouvert jusqu’à 18h00 et permet aux étudiants de se restaurer “sans avoir à débourser une dizaine d’euros comme c’est le cas à l’extérieur” nous indique Anaïs, une habituée du lieu.

Une solidarité marchande pour le rectorat

Depuis la création de l’Epicerie solidaire de l’Université, les services civiques sont en renfort du fonctionnement de la structure.
Des jeunes âgés de 16 à 25 ans apportent “un coup de main” à l’association 24h par semaine. “Ils se relaient entre la caisse, le snack et avec la crise sanitaire font de la prévention contre le covid-19” nous indique Ketty Grondin, vice-présidente de l’association Solidarité Etudiante Réunion.

4 salariés, une dizaine de bénévoles et 10 services civiques font fonctionner l’épicerie solidaire et le snack. Mais cette situation pourrait bientôt changer à en croire une décision rendue par la DRAJES (Délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports). En effet, le service a décidé de ne plus prolonger l’agrément de service civique de l’association. Les services civiques qui aident à faire fonctionner l’épicerie et le snack ne seraient pas renouvelé en l’état actuel. Pour rectorat “les services civiques se substituent à des emplois marchands”. 

Pour le manager de l’épicerie et du snack, Jérôme Sabatier, “cette décision est incompréhensible”. Il ajoute “nous ne sommes pas une entreprise privée, nous n’avons pas vocation à faire de la marge, cette décision risque de faire beaucoup de mal à notre structure”.

Manuel Berthou, délégué régional académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports, nous indique “que la structure ne répondait pas à toutes les conditions d’encadrement des services civiques”.  Il se dit prêt à accompagner Solidarité Etudiante Réunion dans “la mise en place d’un nouvel agrément d’encadrement où les missions seront mieux définies”.

Une audience avec le président de l’Université prévue demain

Des membres de l’association Solidarité Etudiante Réunion devraient pouvoir rencontrer le président de l’Université et le président du CROUS de La Réunion demain. Ils pourront compter sur le support du vice-président en charge de la vie étudiante de l’Université, Rudrigue Sautron. Il estime que “le rectorat a choisi d’enlever des moyens aux associations et de ce fait réduit le pouvoir d’achat des plus précaires”.

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